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Géopolitique

L’interventionnisme de l’ambassadrice américaine en Grèce crée la polémique à Bucarest et à Athènes

Selon des révélations du « Wall Street Journal », la diplomate n’hésiterait pas à menacer de faire tomber des gouvernements pour vendre du gaz naturel liquéfié américain.

L’interventionnisme de l’ambassadrice américaine en Grèce crée la polémique à Bucarest et à Athènes
HaitiCreoleRadio.com

Les révélations du Wall Street Journal (WSJ), ce week-end, sur l’ambassadrice américaine en Grèce, Kimberly Guilfoyle, ont fait réagir à Bucarest comme à Athènes. Le journal américain relate comment la diplomate aurait fait pression sur des dirigeants des Balkans pour acheter plus de gaz naturel liquéfié (GNL) américain. Il fait notamment état d’un dîner, en mars, au cours duquel Mme Guilfoyle aurait eu une altercation avec le ministre grec de l’énergie, Stavros Papastavrou. Le WSJ n’en donne pas la raison, mais l’ambassadrice aurait à cette occasion évoqué la chute imminente du gouvernement roumain et déclaré : « Nous pouvons faire ça dans n’importe quel pays. Nous pouvons le faire ici. » Ce à quoi M. Papastavrou aurait rétorqué que les Etats-Unis ne pouvaient pas remplacer le gouvernement grec, élu démocratiquement. L’avocat de Mme Guilfoyle a contesté ce récit, mais cela n’a pas suffi à éteindre le débat qui a suivi.

En Roumanie, les réactions politiques fusent depuis la publication de l’article du WSJ, qui suggère que les Etats-Unis ont joué un rôle dans la motion de censure, votée le 5 mai 2026, par les sociaux-démocrates (PSD) et l’extrême droite contre le gouvernement du libéral Ilie Bolojan (PNL). Alors que, depuis, la crise politique perdure, les critiques visent notamment le président du parti d’extrême droite l’Alliance pour l’unité des Roumains (AUR), le pro-Trump George Simion, mais aussi le chef de file des sociaux-démocrates (PSD), Sorin Grindeanu, et l’ancien ministre de l’énergie du PSD, Bogdan Ivan, en poste jusqu’à la démission de son parti de la coalition gouvernementale fin avril. Un député roumain du parti de centre droit Union sauvez la Roumanie (USR) a même porté plainte au pénal contre les trois hommes politiques qui devraient, à ses yeux, « faire l’objet d’une enquête pour avoir négocié avec une puissance étrangère la soumission et la déstabilisation économique de la Roumanie ».

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