La crise iranienne est avant tout une question nucléaire, en dépit de sa sédimentation autour du détroit d’Ormuz, où l’armée américaine s’épuise dans un blocus ruineux depuis plus de six mois. C’est ce qu’ont rappelé « avec une profonde inquiétude » les gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) en renvoyant, mercredi 9 septembre, le dossier nucléaire iranien devant le Conseil de sécurité des Nations unies.
C’est la première fois depuis vingt ans que les 35 membres de l’agence de Vienne signalent ainsi l’Iran au Conseil, suivant une résolution proposée par les Etats-Unis et la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne (dits « E3 »). Ce texte, adopté à une majorité de 23 voix, demande à Téhéran – qui n’a plus donné accès aux inspecteurs de l’AIEA à ses sites les plus sensibles depuis leur bombardement par Israël et les Etats-Unis en juin 2025 – de « remédier d’urgence à son manquement », et d’autoriser des contrôles visant à garantir « que les matières nucléaires ne soient pas détournées ».
Sans surprise, Téhéran a accueilli fraîchement une résolution « adoptée sous la pression politique des Etats-Unis et de leurs alliés », selon son représentant permanent à Vienne, Reza Najafi, lequel promet déjà à la télévision d’Etat iranienne qu’elle n’aboutira « à aucun résultat ». La Russie et la Chine, qui critiquent depuis un an le retour des sanctions de l’ONU contre l’Iran, se sont opposées à la résolution de Vienne et devraient faire barrage à la pression occidentale à New York. Mais ce vote n’en demeure pas moins un palier.
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