Les forces iraniennes ont déclaré avoir lancé des attaques contre des cibles militaires américaines basées aux Emirats arabes unis, au Koweït et à Bahreïn, mercredi 1er septembre, après avoir déjà revendiqué des frappes sur la Jordanie et le Kurdistan irakien au cours de la nuit.
« Des dizaines de drones d’attaque (…) ont ciblé des systèmes radars et les positions des forces américaines sur les bases d’Al-Dhafra et Al-Minhad, aux Emirats arabes unis », ainsi que d’autres positions telles que la base aérienne de Cheikh Isa, à Bahreïn, a affirmé l’armée iranienne dans un communiqué. Les gardiens de la révolution ont eux signalé des frappes sur le Koweït.
Selon l’agence de presse koweïtienne KuNA, l’attaque a provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale. Elle précise que l’« incendie (…) a été maîtrisé », et que « le complexe avait été pris pour cible par un drone hostile lancé dans le cadre de la néfaste agression iranienne ». Aucune victime n’a pour le moment été déplorée.
Ces attaques répondent à celles lancées mardi par l’armée américaine, qui a bombardé l’Iran pour la deuxième fois en quelques jours. Les médias d’Etat iraniens ont fait état d’au moins 11 morts au cours de ces bombardements : quatre pendant un mariage dans la région d’Hormozgan, où une cinquantaine de personnes ont été blessées, et sept dans la province du Khouzestan lors d’attaques de missiles qui ont aussi fait huit blessés.
Plus tôt dans la matinée, les gardiens de la révolution, armée idéologique de l’Iran, avaient précisé avoir ciblé une base militaire américaine en Jordanie, « connue sous le nom de “camp Titin” ». Ce camp d’entraînement est situé sur le golfe d’Aqaba, près des frontières avec Israël et l’Arabie saoudite. L’armée jordanienne a, elle, annoncé avoir détruit dix missiles tirés d’Iran, ajoutant que trois autres se sont écrasés à l’écart de zones habitées, sans faire de blessés.
Les gardiens de la révolution iraniens avaient aussi annoncé avoir attaqué des bases américaines dans la ville irakienne d’Erbil avec des drones et des missiles, comme rapporté par les médias d’Etat iraniens. Le Koweït s’est également dit visé par des missiles et des drones.
La cote de confiance de Trump en baisse
Le porte-parole du commandement militaire central de l’Iran, Ebrahim Zolfaghari, a promis des « ripostes plus larges et plus destructrices » en cas de poursuite des attaques américaines, adressant la même mise en garde à « tout pays coopérant avec l’armée américaine agressive ».
Avant la réponse iranienne, Donald Trump avait menacé Téhéran sur sa plateforme, Truth Social, affirmant que s’il « ripost[ait] à cette attaque parfaitement justifiée, il sera[it] de nouveau frappé, bien plus durement et plus fort ». Plus tard, il a dit « préférer » la situation actuelle, assurant que les Etats-Unis avaient un « contrôle quasi total du détroit d’Ormuz », et que l’économie iranienne était en train de « s’effondrer complètement ». « Quand le peuple iranien va-t-il se soulever et se battre ? », a-t-il demandé. La cote de confiance du dirigeant républicain ne cesse de baisser, en grande partie en raison de ce conflit impopulaire aux Etats-Unis.
Quelques heures avant les nouveaux bombardements américains, le président iranien, Massoud Pezeshkian, avait plaidé pour une reprise des négociations, aujourd’hui au point mort. « Si les Etats-Unis reviennent à leurs engagements au titre du protocole d’accord (…), la République islamique d’Iran prendra immédiatement des mesures réciproques », a-t-il déclaré, à l’occasion d’un sommet de l’Organisation de coopération de Shanghaï au Kirghizistan, en Asie centrale.