Quatre-vingt-un ans. C’est l’âge de l’Organisation des Nations unies (ONU) qui tient, ce 22 septembre 2026, la 81e session de son Assemblée générale (AG). Un rendez-vous annuel des pays membres de l’organisation mondiale dont les dirigeants se succéderont à la tribune pour égrener le chapelet de leurs préoccupations et priorités nationales respectives, et donner un aperçu de leur vision d’un monde plus juste et plus équitable.
Mais depuis plus de huit décennies que dure l’exercice, jamais le monde ne s’est porté aussi mal au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Avec des foyers de tensions qui se multiplient à travers le monde, et au nombre desquels on compte la guerre en Ukraine, les tensions entre l’Inde et le Pakistan ou encore à la frontière entre la Thaïlande et le Cambodge, le conflit au Moyen-Orient entre l’Iran et Israël, soutenu par son allié américain, les guerres civiles au Soudan, en Libye et en République démocratique du Congo, pour ne citer que ces exemples.
Une organisation sous l’emprise des grandes puissances
De quoi susciter des interrogations sur le rôle et la place de cette institution internationale dont la mise en place visait à prévenir les conflits internationaux et à promouvoir la paix et la sécurité dans le monde.
Mais, plusieurs années après sa création, force est de reconnaître que l’ONU est loin de ses objectifs, tout comme elle est loin d’être à la hauteur de ses défis. Aujourd’hui encore, l’institution que le général de Gaulle qualifiait jadis de “machin”, ne cesse d’essuyer les critiques. Et tout porte à croire qu’elle a atteint ses limites, tant sa crédibilité est fortement entamée.
Quand ce n’est pas son inaction qui est pointée du doigt par-ci, c’est son inefficacité dans la gestion des conflits qui interpelle autant qu’elle interroge par-là. Et ce, dans un contexte mondial fortement perturbé par les guerres, où on lui reproche aussi son impuissance, voire sa compromission avec certains régimes, si ce n’est sa soumission servile aux grandes puissances qui impulsent sa marche au gré de leurs intérêts.
Autant dire qu’à l’âge de la sagesse l’ONU est aujourd’hui à la croisée des chemins. Et le débat sur la question de sa réforme ne date pas d’hier. C’est dire si le thème central de cette 81e AG, “Rétablir la confiance, gérer la transformation [pour] une ONU au service de tous”, ne pouvait pas mieux tomber.
Mais, au-delà des discours, la question qui se pose est celle de savoir si ce thème, à lui seul, est capable de faire bouger les lignes dans le sens d’une véritable mue de l’organisation mondiale. Rien n’est moins sûr ! Surtout dans un monde marqué par la rivalité des grandes puissances, où chacun veut marquer son hégémonie.
Et tout porte à croire que la transformation tant souhaitée pour une organisation au service de tous restera une ligne d’horizon tant que l’ONU demeurera sous l’emprise des nations qui disposent du droit de veto, quand l’organisation ne donne pas le sentiment de fonctionner pour les intérêts d’une minorité écrasante.
L’avenir incertain des opérations de maintien de la paix
Autant dire qu’à 80 ans révolus, l’ONU traverse une véritable crise existentielle liée à des défis multiples, au-delà des courants qui la traversent et qui ne sont rien d’autre que le reflet des rapports de force mondiaux.
Les défis de sa régénérescence sont d’autant plus grands que, en plus de peiner à produire les effets escomptés, les opérations de maintien de la paix censées donner tout son sens au combat et à l’existence de l’organisation sont aujourd’hui menacées par un manque chronique de financement sur fond de réduction du soutien de certains États membres. Ce qui a contraint l’organisation basée à New York, aux États-Unis, à opérer une baisse drastique de ses effectifs.
Autant de faits qui interrogent sur l’avenir de l’institution internationale qui s’est donné pour mission de réguler la paix dans le monde, mais qui a du mal à imposer son autorité. Pour en revenir à ce 81e sommet, ce sera le dernier pour le secrétaire général actuel, le Portugais António Guterres, dont le mandat finit à la fin de l’année 2026.
Son successeur sera connu à l’issue du processus de sélection en cours. Il prendra fonction le 1er janvier 2027 et aura pour défi majeur de rendre à l’ONU sa crédibilité, qui s’est effritée au long des crises et des années.
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