Boris Nadejdine, l’une des dernières voix critiques du Kremlin qui résidait en Russie sans être en prison, a annoncé, lundi 3 août, avoir quitté son pays pour se rendre en France. L’opposant politique de 63 ans avait renoncé à se présenter aux législatives de septembre en Russie après avoir été arrêté et condamné à une amende pour « extrémisme ».
« J’ai de bonnes nouvelles : je suis vivant et en liberté. Malheureusement, pas en Russie », a déclaré M. Nadejdine dans une vidéo diffusée sur Telegram où il apparaît en polo jaune devant la tour Eiffel, à Paris. « Maintenant, il faut réfléchir et comprendre comment aller de l’avant », a-t-il ajouté, précisant qu’il communiquerait sur ses plans plus tard.
L’ancien député de la Douma – la chambre basse du Parlement russe – avait été déclaré en juillet « agent de l’étranger », une qualification qui oblige à de lourdes contraintes administratives et est utilisée par le Kremlin pour réprimer ses détracteurs.
Deux mille personnes emprisonnées pour des raisons politiques
M. Nadejdine a accusé les autorités russes de vouloir le « réduire au silence » et le « pousser hors de la politique ». Il avait été le seul opposant à la guerre en Ukraine à avoir cherché à se présenter contre Vladimir Poutine à la présidentielle de mars 2024 mais les autorités électorales avaient rejeté sa candidature.
Dans un entretien à l’Agence France-Presse en juillet, il avait accusé M. Poutine de mener la Russie vers une « catastrophe ».
La quasi-totalité des détracteurs du Kremlin sont en prison ou en exil à l’étranger. Le principal opposant à Vladimir Poutine, Alexeï Navalny, est mort en prison en février 2024, ses soutiens affirmant qu’il a été empoisonné.
Depuis le début de l’invasion russe en Ukraine, des milliers de personnes ont été condamnées ou sanctionnées pour leur opposition, parfois à de très lourdes peines. Selon l’ONG spécialisée OVD-Info, plus de 2 000 personnes se trouvent actuellement en prison en Russie pour des raisons politiques.