En Ouganda, la révolution conservatrice est en marche. La ministre de l’éducation et des sports, Janet Museveni, a donné le coup d’envoi, jeudi 29 octobre, d’une profonde refonte des politiques de santé et d’éducation. Celle qui est aussi la première dame ougandaise a dévoilé, à Kampala, un nouveau « cadre national pour l’éducation à la santé et aux valeurs ». Concrètement, un ensemble de recommandations à la tonalité fortement conservatrice et élaborées directement par des lobbys évangéliques américains.
Le texte, d’une cinquantaine de pages, entend contrebalancer ce qu’il qualifie d’« influences extérieures inappropriées et jugées préjudiciables ». Il fait de l’« abstinence jusqu’au mariage » la nouvelle norme de santé publique – le terme y est mentionné 16 fois.
Avec ces orientations conservatrices, le gouvernement ougandais cherche à s’affranchir de valeurs « occidentales » qui lui seraient imposées à travers les programmes d’éducation sexuelle promus par les Nations unies. « Il y a une décadence morale et un manque de valeurs [en Ouganda] », regrette Janet Museveni, elle-même fervente chrétienne évangélique, qui fraie depuis deux décennies avec la droite américaine.
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