La coalition menée par l’Arabie saoudite a frappé, mardi 13 octobre, un site de la compagnie pétrolière yéménite à l’ouest de Sanaa, rapporte la chaîne de télévision Al-Massirah, liée aux houthistes. Cette annonce intervient après un échange de menaces entre les deux camps. Avant ces frappes, la coalition avait appelé les civils à quitter le site de la Compagnie pétrolière yéménite à Al-Sabaha, en périphérie de la capitale, ainsi que les zones de stockage voisines. Son porte-parole, Turki Al-Maliki, avait publié sur X une carte de l’installation à évacuer.
Le porte-parole militaire des houthistes, Yahya Saree, avait quant à lui averti sur Telegram que toute attaque saoudienne contre Sanaa entraînerait une réponse « ferme et douloureuse » à Riyad. Le mouvement pro-iranien a également appelé les employés et les civils à s’éloigner des installations du groupe pétrolier saoudien Aramco. « Elles constituent une cible légitime pour nos forces », a déclaré son porte-parole sur X, selon l’Agence France-Presse.
Les houthistes ont par ailleurs renouvelé mardi leur avertissement sur l’utilisation de l’espace aérien saoudien, alors que plusieurs compagnies ont suspendu leurs liaisons avec le royaume, rapporte Associated Press (AP.) Ces menaces font suite aux attaques contre l’aéroport international de Riyad, dont celle de samedi qui a fait au moins 13 morts et plus de 300 blessés. La coalition a annoncé mardi avoir intercepté trois drones au nord de la capitale saoudienne, une affirmation qu’AP n’a pas pu vérifier indépendamment.
Mise en garde des ambassades occidentales
Face à la dégradation de la situation sécuritaire, l’ambassade de France en Arabie saoudite a déconseillé à ses ressortissants, « sauf raison impérative », de se rendre à Jeddah et Dammam, a-t-elle écrit dans un post publié sur Instagram. « Compte tenu de la situation sécuritaire, il est formellement déconseillé aux ressortissants français de se rendre ou d’effectuer une escale à l’aéroport international King Khalid de Ryad, à l’aéroport King Abdulaziz de Jeddah et à l’aéroport King Fahd de Dammam », est-il aussi indiqué.
Les Etats-Unis ont émis un avertissement de niveau 3 appelant leurs ressortissants à « reconsidérer » tout projet de voyage en Arabie saoudite, citant des risques accrus d’attaques de drones et de missiles visant les intérêts américains. Selon une mise à jour publiée le 12 octobre 2026 par le département d’Etat américain, ces menaces émanent directement de l’Iran et des houthistes, soutenus par Téhéran. Les autorités américaines exhortent par ailleurs leurs citoyens à éviter rigoureusement la zone frontalière avec le Yémen (placée au niveau 4, « ne pas voyager ») en raison des risques terroristes persistants.
L’Egypte a appelé mardi à l’arrêt immédiat des attaques contre l’Arabie saoudite. « Rien ne justifie ces attaques, et elles ne peuvent être acceptées », a déclaré son ministre des affaires étrangères, Badr Abdelatty, à son homologue iranien, Abbas Araghtchi.
Riyad réclame également un soutien militaire américain plus direct. Selon AP, Washington fournit du renseignement et une aide à l’identification des cibles et à la planification, mais s’est jusqu’ici abstenu de frapper les houthistes. Donald Trump a estimé lundi que ces derniers se comportaient « très mal », sans annoncer de riposte.