La Colombie a donné à Washington son autorisation pour mener des opérations antidrogue conjointes, a annoncé, mercredi 12 août, le ministre de la défense américain, Pete Hegseth. Cet accord permet aux Etats-Unis de franchir une nouvelle étape dans leur lutte contre le trafic de drogue en Amérique latine.
Bogota a « demandé au Pentagone de se joindre à la Colombie dans sa lutte contre le narcoterrorisme, en autorisant des opérations militaires conjointes », a déclaré Pete Hegseth depuis le Panama, où il est en déplacement. « Des mesures pro-actives et concrètes comme celles-ci illustrent parfaitement le type de participation (…) que nous attendons de nos partenaires », a-t-il ajouté.
Allié de Donald Trump, le nouveau président d’extrême droite colombien, Abelardo de la Espriella, récemment investi, a été élu, notamment, sur la promesse d’éradiquer les groupes criminels tirant profit du trafic de drogue ainsi que les guérilleros, au moment où le pays connaît la pire vague de violence de ces dix dernières années. Six membres de groupes armés ont été tués, le 9 août, lors des premières opérations militaires de son mandat.
Déjà au début des années 2000, Bogota et Washington ont entretenu une étroite collaboration militaire, consacrée à l’offensive contre des guérillas, comme celle des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC).
Depuis septembre 2025, Washington mène une campagne de frappes dans le Pacifique et dans les Caraïbes visant des embarcations présentées comme participant à des activités de trafic de drogue alimentant les Etats-Unis. Au moins 215 personnes ont été tuées dans le cadre de cette série d’opérations militaires. L’administration Trump n’a fourni aucun justificatif prouvant que les bateaux visés servaient à des opérations de trafic de drogue. Nombre d’experts dénoncent des frappes illégales qui cibleraient des civils ne représentant aucune menace pour les Etats-Unis.