- Les Décodeurs Les Décodeurs
- Les enquêtes des Décodeurs Les enquêtes des Décodeurs Les enquêtes des Décodeurs
La France enquête sur les contrats de Thales en Azerbaïdjan, dénoncés par un ex-responsable emprisonné
Par Guillaume DaudinEnquête« A Bakou, le prisonnier français oublié » (2/2) | Mehmet Sahan, Franco-Turc détenu en Azerbaïdjan depuis début 2022 après une plainte de Thales, dénonce de possibles faits de corruption. Le Parquet national financier, qui enquête sur ces contrats, a perquisitionné en 2024 le géant français de l’armement. Suite et fin de notre enquête.
Enfermé depuis bientôt cinq ans dans les prisons azerbaïdjanaises, Mehmet Sahan a eu le temps de s’interroger sur les raisons de sa chute, en tout cas quand sa santé, précaire, le lui permettait. Comme l’a révélé Le Monde dans le premier volet de cette enquête, publié jeudi 8 octobre, ce Franco-Turc de 48 ans a longtemps dirigé la branche locale de Thales, leader français des technologies et de la défense, avant d’être soudainement licencié, puis condamné par la justice azerbaïdjanaise à dix ans de prison et à 4 millions d’euros d’amende notamment pour détournements de fonds, dans un dossier sur lequel planent de nombreuses zones d’ombre. Dénonçant une « parodie judiciaire », M. Sahan avance une explication à son calvaire : il se serait intéressé d’un peu trop près à de possibles circuits de corruption du groupe d’armement français dans ce pays du Caucase.
Reprenons depuis le début. Nommé directeur en 2014 de l’antenne du groupe de haute technologie à Bakou, M. Sahan ne travaille pas seul. Outre une équipe chargée de la relation client, Thales s’appuie sur des partenaires locaux dans les pays étrangers où son « expertise (…) est jugée insuffisante ». S’il s’agit d’« une pratique usuelle dans l’industrie », justifie Thales au sujet de ces partenaires, le groupe convient qu’ils sont « considérés comme les tiers parmi les plus exposés au risque de corruption ou de trafic d’influence ».
A l’époque, en Azerbaïdjan, Thales s’appuie selon Mehmet Sahan sur un consultant, VES Consultancy, et sur un partenaire industriel, Concept.com. Ces deux structures, dont les sièges sont respectivement à Bakou et au Luxembourg, ont un point commun : Khagani Bashirov. Cet Azerbaïdjanais, né en 1961, devenu citoyen français en 2008, est lié aux deux sociétés comme actionnaire ou comme administrateur. Auprès du site suisse Heidi.news, il se présentait d’ailleurs en 2020 comme « consultant pour Thales en Azerbaïdjan entre 2002 et 2017 ».
Il vous reste 89.19% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Commentaires (0)
Laisser un commentaire
Aucun commentaire. Soyez le premier !