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La Malaisie commence à renvoyer des ressortissants birmans, l’ONU se dit « inquiète »

Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) s’est dit « inquiet » du renvoi entamé mardi par la Malaisie de 1 500 Birmans vers leur pays, où « les conditions actuelles ne permettent pas des retours sûrs, dignes et durables ».

La Malaisie commence à renvoyer des ressortissants birmans, l’ONU se dit « inquiète »
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La Malaisie a commencé, mardi 29 septembre, le renvoi de 1 500 Birmans, première phase d’un programme qui pourrait mettre en danger ces personnes en les envoyant dans un pays déchiré par la guerre, selon des associations de défense des droits humains.

Il s’agit du premier groupe – sur un total de 5 000 Birmans –, ayant accepté, selon Kuala Lumpur, un rapatriement « volontaire » au départ des centres de détention, au moment où la Malaisie voit augmenter l’hostilité à l’égard des exilés. Des associations de défense des droits humains expliquent que les mauvaises conditions de détention des Birmans concernés ont pu les pousser à accepter le programme. Elles relèvent la dangerosité d’un retour en Birmanie, ravagée par la guerre civile depuis le coup d’Etat militaire de 2021.

Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) s’est dit « inquiet » de ce renvoi, rappelant que « les conditions actuelles ne permettent pas des retours sûrs, dignes et durables » dans ce pays, selon les propos du porte-parole de l’organisation, Matthew Saltmarsh, tenus devant la presse mardi à Genève.

Dans un rapport publié au début de septembre, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, avait déjà estimé que « les conditions permettant un retour volontaire, sûr, digne et durable » n’étaient pas réunies. En vertu du droit international, « nul ne doit être renvoyé vers un pays où il risquerait de subir des persécutions, la torture, des préjudices graves ou d’autres menaces pesant sur sa vie, sa liberté et sa sécurité », a rappelé mardi M. Saltmarsh.

Ni la Malaisie ni la Birmanie n’ont précisé combien de Rohingya figuraient parmi les 1 500 personnes renvoyées mardi. Mais cette minorité musulmane constitue les deux tiers des 190 000 réfugiés et demandeurs d’asile birmans en Malaisie, selon l’ONU.

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« Cesser les expulsions »

Des centaines de milliers de Rohingya ont fui la Birmanie après une violente opération militaire lancée en 2017, qui fait l’objet d’une procédure pour génocide devant la Cour internationale de justice. Le premier ministre malaisien, Anwar Ibrahim, a annoncé en juillet que la Birmanie avait accepté le retour de 5 000 membres de l’ethnie Rohingya.

Des dizaines de bus sont arrivés mardi sous escorte policière dans un stade près de la base navale de Lumut, dans le nord-ouest de la Malaisie, ont constaté des journalistes de l’Agence France-Presse (AFP). Les journalistes n’ont pas été autorisés à entrer dans le stade. Les personnes doivent être enregistrées avant d’embarquer dans un bateau en direction de la Birmanie, selon les médias locaux.

Des sites de suivi du trafic maritime montrent que le navire birman de support et de soins Than-Lwin mouille à l’extérieur de la base navale. Une source des forces de sécurité birmanes, qui a souhaité garder l’anonymat, a déclaré que les bateaux devaient accoster à la base navale de Thanlyin, au sud de Rangoun, vers la fin de la semaine.

Le programme de renvoi a été annoncé par la Malaisie après l’arrestation de plus de 100 Rohingya qui s’étaient rassemblés devant le HCR à Kuala Lumpur. Ils ont été menacés d’expulsion avant d’être relâchés car ils détenaient des documents valides délivrés par le HCR. La semaine dernière, plus de 160 associations de la société civile ont appelé le gouvernement malaisien à « cesser immédiatement les expulsions », dans l’attente de discussions avec des associations sur la situation en Birmanie.

Anwar Ibrahim a, par ailleur,s dit vouloir inviter le dirigeant birman, Min Aung Hlaing, ancien général qui a mené le coup d’Etat de 2021, pour accélérer le programme. Mais les associations ont souligné que « les relations de la Malaisie avec la junte ne devaient pas se faire au détriment de sa propre réputation et de son intégrité ».

La Birmanie a assuré plus tôt ce mois-ci garantir un retour « sûr et digne » pour ses citoyens déplacés à l’étranger. A la mi-août, 10 388 Birmans étaient détenus dans des centres de rétention en Malaisie, selon le ministère de l’intérieur malaisien. La Malaisie n’est pas signataire de la Convention relative au statut des réfugiés de 1951 et ne reconnaît pas officiellement le statut de réfugié.

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Le Monde avec AFP

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