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LA MINUTE DE LA RÉDACTION | Haïti : bienvenue dans la République électorale en ligne d’Alix Didier Fils-Aimé

Campagne en ligne, Constitution presque virtuelle, candidats à distance et territoires hors d’atteinte : à ce rythme, Haïti pourrait bientôt avoir des députés numériques, des sénateurs Wi-Fi et, pourquoi pas, un Parlement sur Zoom. PORT-AU-PRINCE — La Minute de la rédaction. — Puisque

LA MINUTE DE LA RÉDACTION | Haïti : bienvenue dans la République électorale en ligne d’Alix Didier Fils-Aimé
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11 août 2026
LA MINUTE DE LA RÉDACTION | Haïti : bienvenue dans la République électorale en ligne d’Alix Didier Fils-Aimé
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LA MINUTE DE LA RÉDACTION | Haïti : bienvenue dans la République électorale en ligne d’Alix Didier Fils-Aimé

  • by Rezo Nodwes
  • 11 août 2026
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Campagne en ligne, Constitution presque virtuelle, candidats à distance et territoires hors d’atteinte : à ce rythme, Haïti pourrait bientôt avoir des députés numériques, des sénateurs Wi-Fi et, pourquoi pas, un Parlement sur Zoom.

PORT-AU-PRINCE — La Minute de la rédaction. — Puisque certains véhicules blindés destinés à renforcer les opérations de sécurité dans l’Artibonite ont dû être acheminés par voie maritime, une interrogation presque inconvenante s’impose : par quelle voie les candidats aux élections annoncées par Alix Didier Fils-Aimé mèneront-ils campagne dans les territoires où la libre circulation demeure compromise ?

Par Internet ? Voilà peut-être enfin le véritable modèle électoral haïtien de 2026.

Un candidat à la députation pourra désormais s’adresser à ses électeurs depuis Port-au-Prince : « Chers compatriotes, j’aurais aimé venir vous rencontrer, mais la souveraineté territoriale rencontre actuellement quelques difficultés de connexion. Veuillez cliquer sur “J’aime”, partager mon programme et considérer cette vidéo comme mon meeting populaire. »

La satire devient cependant moins amusante lorsqu’elle rencontre la géographie réelle du pouvoir. Comment un candidat pourrait-il parcourir librement certaines zones de l’Artibonite, de l’Ouest ou du Centre lorsque l’État lui-même peine à y garantir durablement la circulation ? Comment organiser meetings, caravanes, porte-à-porte et rassemblements lorsque policiers, citoyens, journalistes et responsables publics ne disposent pas partout des mêmes garanties de mobilité ?

La théorie classique de l’État attribue à la puissance publique le monopole de la contrainte physique légitime sur son territoire. Or, lorsqu’existent de facto des espaces où l’autorité publique ne peut circuler qu’au prix d’opérations armées, le problème dépasse largement l’organisation matérielle d’un scrutin : c’est l’effectivité même de la souveraineté qui est interrogée.

Après tout, pourquoi exiger d’un candidat qu’il visite sa circonscription ? Il lui suffira d’avoir une bonne connexion Internet, quelques comptes sur les réseaux sociaux et, surtout, suffisamment de prudence pour ne pas confondre sa circonscription électorale avec une destination réellement accessible.

Le député de demain pourrait ainsi devenir le député numérique de la République.

Et puisque l’innovation institutionnelle semble sans limite, pourquoi ne pas organiser également le référendum constitutionnel en ligne ?

Le projet constitutionnel attribué au processus conduit par Alix Didier Fils-Aimé demeure au centre d’interrogations quant à sa diffusion publique, son appropriation citoyenne et la connaissance précise de ses dispositions. Même Jacques Desrosiers, membre du Conseil électoral provisoire, devrait pouvoir expliquer publiquement quels articles seraient exactement soumis au corps électoral et sur quelle version définitive les citoyens seraient appelés à se prononcer.

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