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Géopolitique

La nécessaire dissuasion européenne envers la Russie

En désignant Moscou comme le responsable d’une attaque avortée impliquant un drone chargé d’explosifs à l’aéroport de Leipzig, début août, Berlin a fait un premier pas. La riposte à cet acte de guerre, jusqu’ici limitée, ne saurait cependant se restreindre à la seule Allemagne. Les

La nécessaire dissuasion européenne envers la Russie
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L’attribution à la Russie par l’Allemagne, le 1er septembre, de l’attaque qui aurait pu être dévastatrice d’un drone muni d’explosifs sur son territoire, survenue un mois plus tôt, a mis officiellement des mots sur une évidence. Du fait de leur soutien à l’Ukraine, central depuis le renoncement des Etats-Unis de Donald Trump à venir en aide à un pays agressé qui se bat courageusement pour sa liberté, les pays européens sont devenus les cibles d’une extension du domaine de la guerre décidée par le maître du Kremlin, Vladimir Poutine.

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Cette évidence devrait faire taire les voix qui, en Europe, continuent de clamer que le président russe reste un interlocuteur disposé à trouver une issue à la guerre dans laquelle il a entraîné son pays. Piégé dans un conflit conventionnel qu’il s’est montré incapable jusqu’à présent de remporter, Vladimir Poutine n’a pourtant jamais envisagé autre chose qu’une soumission de Kiev, ce qui le conduit à l’escalade en cours.

Cette dernière est double. Elle se traduit à la fois par la multiplication des crimes de guerre contre une population civile ukrainienne, soumise quotidiennement à un déluge de feu, et par la volonté de tester la détermination des Européens avec les opérations dites « de zone grise », comme celle heureusement avortée qui a eu pour théâtre, le 4 août, à Leipzig, la zone sécurisée d’un aéroport où se trouvaient des avions-cargos ukrainiens. Tout sera certainement mis en œuvre par la Russie, notamment dans le cadre des élections prévues en Europe au cours des prochains mois, pour éroder cette détermination et creuser les divisions internes.

En désignant Moscou comme le responsable de cette attaque, Berlin a fait un premier pas, mais sans en tirer véritablement les conséquences. La riposte à un acte de guerre peut-elle en effet se limiter à la fermeture d’un consulat à Bonn et de la Maison russe des sciences et de la culture à Berlin, immédiatement suivie par celle des Instituts Goethe en Russie ?

De même, cette riposte ne peut se limiter à la seule Allemagne. Elle concerne de fait l’ensemble des pays visés depuis l’invasion de 2022 par des opérations de guerre hybride dont un rapport du Congrès des Etats-Unis disait, en août, qu’elles se sont adaptées à des réactions européennes restées conventionnelles, telles que les expulsions de diplomates russes, et qu’elles deviennent plus agressives.

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La solidarité envers l’Allemagne exprimée par les pays européens cette semaine doit les conduire à signifier à la Russie que ces opérations incessantes auront désormais un coût. Outre la poursuite de l’aide à Kiev, les options ne manquent pas, comme les restrictions massives de visas, y compris pour ce qui est devenu le talon d’Achille russe : l’état de son économie. Malgré les volets de sanctions successifs adoptés par Bruxelles, les pays européens n’ont pas coupé toutes les relations commerciales avec Moscou.

Le défi serait évidemment différent si les Européens pouvaient compter sur une solidarité américaine plus concrète que celle qui a été exprimée par Washington après la mise en cause allemande. L’Alliance atlantique avait été conçue pour cela. Les tergiversations incessantes de Donald Trump sur la guerre en Ukraine rendent cette solidarité hautement improbable. Il revient donc aux Européens de trouver eux-mêmes les moyens de se faire respecter par Vladimir Poutine.

Le Monde

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