L’inquiétude grandit pour les 41 salariés de la Nivernaise de raffinage. Les salaires d’août n’ont pas été versés et les banques françaises refusent d’accorder des facilités de trésorerie à cette entreprise basée à Premery (Nièvre), qui produit du biodiésel et du diesel de seconde génération à base d’huiles de cuisson usagées. Le 7 septembre, la société a été placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Nevers, assorti d’une période d’observation de six mois.
Selon nos informations, son mandataire social, Hilal El Merhubi, a annoncé à l’audience travailler à une offre de reprise et dans le même temps étudier la possibilité de relancer l’activité industrielle sans plus de précision. Le tribunal a donné rendez-vous le 2 octobre pour faire le point sur l’éventuel redémarrage de l’activité complètement à l’arrêt depuis le mois de juin.
En cause : les difficultés de sa maison mère, la société suisse, Wellbred Trading, spécialisée dans le négoce de matières premières, accusée depuis mars par le Trésor américain de faire partie du réseau de Mohammad Hossein Shamkhani, un proche du pouvoir iranien. Accusation réitérée le 24 août quand l’entreprise suisse mais aussi la Nivernaise de raffinage ont été placées sur la liste des 60 entreprises dans le monde dans le viseur de l’Office de contrôle des actifs étrangers (OFAC), l’agence du Trésor américain sur les sanctions, pour leurs relations commerciales avec l’Iran.
« Un potentiel industriel »
Passant par Wellbred Trading pour acheter les matières premières dont elle avait besoin, la Nivernaise de raffinage n’a pu renouveler ses stocks après le blocage des comptes bancaires et des avoirs de Wellbred Trading en mars. Pour la Nivernaise de raffinage, qui a réalisé 98 millions de chiffre d’affaires en 2025, cet engrenage a mis fin à dix-huit mois de résultats positifs qui avaient suivi un précédent dépôt de bilan en 2024. L’entreprise avait fait les frais de la concurrence chinoise sur le marché européen avec des biocarburants fabriqués à partir d’huiles de palme, ce que les autorités européennes réussiront à interrompre quelques mois plus tard.
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