« Car février n’en finit plus… », de Jénia Berkovitch, édité sous la direction d’Alexeï Voïnov, traduit du russe par Eva Antonnikov, Nastasia Dahuron, Marion Graf, Eva Graphova, Guilhem Pousson, Marina Skalova et Christine Zeytounian-Beloüs, Tourgueneff, 154 p., 18 €.
Pour Evguenia Berkovitch, c’est un hiver sans fin. Plus de quatre ans et demi après l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe, en février 2022, plus de trois ans depuis son arrestation, en mai 2023, pour s’être opposée à cette guerre, la poète et metteuse en scène de théâtre russe survit en prison. Régulièrement privée de papier et de crayons, périodiquement sevrée de force de ses antidépresseurs, elle a été condamnée en juillet 2024 à une peine de six ans de prison, officiellement pour « apologie du terrorisme » dans une pièce qui dénonçait pourtant le terrorisme.
Dans les cercles culturels et les milieux politiques, en Russie et parmi ses soutiens en Europe, chacun suppose que cette figure anti-Kremlin, emblématique de la nouvelle vague théâtrale du Tout-Moscou libéral, a en fait été emprisonnée pour ses vers qui, trop brillants et trop irrévérencieux, auraient été rapportés et lus à Vladimir Poutine, provoquant l’ire du chef du Kremlin.
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