La présidente des députés écologistes, Cyrielle Chatelain, a écrit au premier ministre, Sébastien Lecornu, pour lui demander d’intervenir en faveur d’Ephrem Yalike-Ngonzo, selon un courrier consulté jeudi 23 juillet par l’Agence France-Presse. Ce lanceur d’alerte centrafricain qui a contribué à des révélations sur le Groupe Wagner a récemment été débouté du droit d’asile en France.
Réfugié en France depuis 2024, M. Yalike-Ngonzo a été à l’origine d’une enquête de Forbidden Stories qui a révélé des opérations de désinformation menées en Centrafrique par le groupe paramilitaire russe Wagner, auxquelles il avait lui-même participé avant de s’en désolidariser.
« La France entend lutter contre des opérations de déstabilisation conduites par des puissances étrangères et s’appuie sur les témoignages de personnes qui prennent des risques considérables pour les documenter », écrit la députée dans son courrier.
« Or l’absence de protection effective de ces témoins pourrait envoyer un signal particulièrement préoccupant à celles et ceux qui seraient demain susceptibles de coopérer avec les autorités françaises ou européennes pour mettre au jour de telles opérations », ajoute-t-elle.
Ingérences étrangères
La demande d’asile a été rejetée en avril, au motif que sa participation au dispositif de propagande russe serait incompatible avec l’octroi d’une protection, bien qu’il affirme avoir continué à agir pour documenter ces réseaux « sans éveiller les soupçons de leurs commanditaires », précise Mme Chatelain.
Dans son courrier au premier ministre, elle appelle ainsi à un réexamen de sa demande d’asile et interroge la cohérence de la politique française en matière de lutte contre les ingérences étrangères, en soulignant que dans le même temps « Xenia Fedorova, ancienne présidente de RT France, la chaîne de propagande financée par le Kremlin, voyait son titre de séjour renouvelé pour une durée de dix ans ».
Entre 2019 et 2022, M. Yalike-Ngonzo a participé à la publication dans des médias centrafricains d’« articles de presse valorisant l’armée centrafricaine et ses nouveaux partenaires russes, à partir d’éléments de propagande fournis par ses commanditaires », selon l’ONG Plateforme de protection des lanceurs d’alerte en Afrique.
Il travaillait sous les ordres d’un homme qui a été identifié comme Mikhaïl Prudnikov, une « figure-clé du système d’influence de Moscou en Centrafrique », qui a été placé sous sanctions européennes après ses révélations.
Toujours selon cette ONG, Ephrem Yalike-Ngonzo a été accueilli en France avec sa famille à la suite de « l’intervention personnelle » du président Emmanuel Macron.