Le conflit régional au Moyen-Orient pourrait-il avoir des répercussions jusqu’au Baloutchistan ? C’est ce qu’affirme une tribune du quotidien pakistanais Dawn, qui s’inquiète de la dégradation du contexte sécuritaire dans la région.

Pour l’auteur, la situation le long de la frontière entre le Pakistan et l’Iran reste largement négligée dans l’analyse du conflit régional. “La dynamique sécuritaire a changé, écrit-il. Le conflit a modifié l’environnement opérationnel dans lequel existait déjà une insurrection.”

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Il revient notamment sur les violents affrontements du 12 septembre à Saravan, dans le Sistan-et-Baloutchistan, côté iranien de la frontière, entre les forces de sécurité iraniennes et des hommes armés non identifiés, dans un contexte où le groupe insurgé sunnite Jaïch Al-Adl et d’autres groupes ont intensifié leurs assauts contre les forces des Gardiens de la révolution islamique.

Même son de cloche dans le Baloutchistan pakistanais, en proie à une insurrection armée depuis près de deux décennies : l’Armée de libération du Baloutchistan (BLA) et d’autres groupes insurgés pourraient, eux aussi, selon l’auteur, chercher à profiter de la guerre “comme [d’]une occasion d’intensifier leurs opérations, dans l’espoir peut-être d’être finalement considérés comme des acteurs susceptibles de servir de relais contre l’Iran”.

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Le 9 septembre, Al-Jazeera affirmait que la situation sécuritaire dans le Baloutchistan pakistanais s’était considérablement détériorée au cours de l’été dernier. L’insurrection aurait désormais gagné certaines zones à majorité pachtoune jusque-là relativement épargnées, avec des attaques attribuées aux talibans pakistanais (TTP). Une évolution qui, selon le média, “soulève des questions sur un élargissement de la rébellion” et de possibles coordinations tactiques entre la BLA et le TTP.

Le “maillon faible” de la stratégie pakistanaise

The Express Tribune rappelle la visite exceptionnelle effectuée début septembre à Quetta, la capitale provinciale, par le puissant chef de l’armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir, intervenue dans ce contexte de forte dégradation sécuritaire. À cette occasion, l’homme fort du pays avait insisté sur la nécessité de maintenir la stabilité de la province, estimant qu’“un environnement stable et sûr permettra de faciliter les initiatives de développement, les perspectives économiques et l’amélioration des perspectives pour la population”.

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Un message qui fait écho aux ambitions d’Islamabad d’attirer investisseurs chinois et américains vers une province riche en ressources. Mais la BLA entend précisément s’opposer à cette dynamique. The Independent Urdu rappelle ainsi les mises en garde du porte-parole du groupe insurgé à l’endroit des investisseurs privés et des consortiums internationaux qui lorgneraient notamment sur le lithium présent dans les sous-sols de la province, considéré par l’organisation comme un “actif précieux” appartenant aux “générations futures de la nation baloutche”.

Le Baloutchistan pourrait donc bien être ce que le think tank Carnegie Endowment qualifie de “maillon faible” et de “talon d’Achille” de la stratégie pakistanaise, au moment même où Islamabad cherche à s’imposer comme acteur de stabilité dans la région.