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Géopolitique

Le commandant en chef Trump met son armée en péril

Le président américain, Donald Trump, entretient avec l’institution militaire une relation contraire à la pratique démocratique. Politisation des nominations, négation du débat nécessaire sur la conduite de la guerre et croisade interne « anti-woke », fragilisent de manière dangereuse la

Le commandant en chef Trump met son armée en péril
HaitiCreoleRadio.com

Réformé à cinq reprises durant la guerre du Vietnam, flanqué d’un secrétaire à la défense, Pete Hegseth, qui a été écarté de son service de réserviste en 2021 pour avoir arboré des tatouages religieux identitaires jugés suprémacistes, le président américain, Donald Trump, a un problème avec son armée. Il coche depuis deux ans, l’une après l’autre, toutes les cases d’une relation dysfonctionnelle, dans une pratique lourde de dangers. Et ce, au moment où l’exécutif réclame au Congrès un budget record, équivalant à 1 000 milliards d’euros pour 2027.

Premier problème : les purges. En annonçant, fin septembre, une nouvelle réduction de 20 % du nombre des généraux et amiraux, Pete Hegseth s’est attiré les critiques de parlementaires de tout bord. Supprimer des postes dans une armée de 2 millions de professionnels peut s’entendre. Mais l’administration est lancée dans une chasse à l’homme, visant à politiser l’appareil militaire au profit du seul président. Sans nommer Donald Trump, le général Mark Milley, chef d’état-major jusqu’en 2023, avait quitté son poste en conspuant tout « apprenti dictateur », après avoir dénoncé l’assaut des trumpistes contre le Capitole, le 6 janvier 2021. L’administration déroule désormais sa vengeance.

Dernier d’une longue série, le général Christopher Donahue s’est vu privé de devenir chef d’état-major ou patron des forces américaines en Europe, selon une enquête du New York Times. Lui s’est distingué dans toutes les guerres, mais a eu le malheur d’être pris en photo alors qu’il montait dans un avion, à Kaboul, le 30 août 2021, lors du départ des Etats-Unis d’Afghanistan. La retraite fut piteuse, mais le cliché de celui qui devint ainsi le dernier soldat américain à quitter le sol afghan a inondé les réseaux sociaux. Donald Trump n’a pas supporté la notoriété du héros, saqué parce que « trop puissant, indépendant et connecté », écrit le New York Times.

La fidélité politique, en lieu et place de la loyauté à la Constitution, est incompatible avec la neutralité de l’institution militaire en démocratie. Elle met aussi en péril la mécanique complexe de la sélection des officiers, indispensable au maintien des compétences dans une armée de premier rang.

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