Mieux vaut tard que jamais. Le chimiste français Henri Kagan, 95 ans, a enfin reçu le prix Nobel de cette discipline, mercredi 7 octobre, en compagnie du Japonais Kenso Soai, 76 ans. En 2001, le prix lui avait échappé, alors que ce professeur de l’université d’Orsay (aujourd’hui Paris-Saclay) était reconnu comme l’un des pionniers du domaine mis à l’honneur à cette époque, la catalyse asymétrique.
« Nous sommes extrêmement contents. Cela répare une injustice historique, déclare Jacques Maddaluno, chercheur émérite au CNRS et ancien directeur de l’Institut de chimie de l’organisme. C’est un scientifique génial d’une grande humanité et humilité. » « La chimie française a beaucoup de chance », appuie Emmanuelle Schulz, directrice de l’Institut de chimie moléculaire et des matériaux d’Orsay, descendant du laboratoire cofondé par le lauréat.
La spécialité du Français, comme de son collègue, est l’une des plus primées par l’Académie royale des sciences de Suède, car elle est centrale : quelles formes dans l’espace adoptent les molécules et comment parvenir à les contrôler. Avec cinq doigts et une paume on peut construire une main gauche et une main droite, qui ne se superposent pas dans un miroir. Un gant droit ne recouvre pas la main gauche. On parle de formes chirales.
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