La première ministre japonaise, Sanae Takaichi, a réfuté, jeudi 15 octobre, toute activité d’espionnage en Russie, après l’arrestation par Moscou d’un journaliste nippon accusé d’espionnage. « Il n’y a aucun fait de ce genre », a-t-elle déclaré à des journalistes en réponse à une question sur les accusations russes. « La protection des ressortissants japonais est extrêmement importante en ce moment, et nous avons l’intention de concentrer nos efforts sur cet objectif », a ajouté la première ministre.
La Russie a arrêté, ces dernières années, plusieurs ressortissants de pays « inamicaux », les accusant de travailler pour les services de renseignement occidentaux. Mardi, le ministère des affaires étrangères russe a identifié le journaliste comme étant Yuki Imai, du journal Hokkaido Shimbun, une porte-parole déclarant qu’il était accusé de « mener des activités d’espionnage sur le territoire russe ».
En réponse, Tokyo a convoqué l’ambassadeur de Russie pour protester contre l’arrestation, le ministère des affaires étrangères appelant à un « traitement juste et impartial ». Jeudi, Sanae Takaichi a déclaré que les détails des accusations restaient flous. « Les lois nationales diffèrent d’un pays à l’autre, nous ne connaissons donc pas encore les détails de ce qu’ils qualifient d’allégation. Néanmoins, le Japon fera fermement valoir sa propre position », a-t-elle ajouté.
Différend territorial
Le service de sécurité russe (FSB) avait auparavant affirmé qu’un ressortissant japonais avait été arrêté sur l’île de Sakhaline, dans l’Extrême-Orient russe, à proximité d’un groupe d’îles disputées, sans toutefois révéler l’identité de la personne. Le FSB a déclaré que cette personne avait travaillé pour le renseignement japonais, afin de recueillir des informations sur la défense de la Russie.
Moscou et Tokyo sont engagés depuis des décennies dans un différend territorial concernant le statut d’une chaîne d’îles dans l’océan Pacifique, au large de la côte nord-est du Japon et au sud-ouest de la région russe de Sakhaline. Appelées « Kouriles du Sud » par la Russie et « Territoires du Nord » par le Japon, ces îles font partie de la région russe de Sakhaline.
Pour le Japon, cependant, elles dépendent toujours du département insulaire de Hokkaido, comme avant la deuxième guerre mondiale, et sont « illégalement occupées par la Russie ». Le Hokkaido Shimbun a déclaré, dans un communiqué, être au courant de l’annonce russe tout en affirmant « vérifier encore les détails ». « Garantir la sécurité du journaliste est notre priorité absolue et nous agissons en conséquence », a souligné le journal.