Dans un pays où la population ne cesse de vieillir, le chiffre illustre parfaitement l’évolution de la pyramide des âges. Au Japon, le nombre de centenaires a atteint 107 677 personnes, a annoncé le ministère de la Santé à l’occasion du 15 septembre, Jour des seniors dans l’archipel. D’après l’agence de presse Jiji Tsushin, c’est la première fois que ce chiffre, arrêté au début du mois, dépasse le seuil symbolique de 100 000. Le nombre de Japonais centenaires est en hausse continue depuis 1963, l’année où les autorités ont créé un registre spécial pour les recenser. À l’époque, l’archipel en comptait seulement 153.
Parmi ces centenaires, 90 % sont des femmes. La doyenne actuelle des Japonais est Fuyo Kishimoto : elle vit à Kyoto et elle est âgée de 114 ans.
“Je suis ravi de savoir que de plus en plus de personnes sont en forme [à cet âge] et qu’elles profitent de la vie”, a commenté le ministre de la Santé, Kenichiro Ueno.
Mais cette bonne nouvelle masque mal la baisse vertigineuse de la population japonaise. D’après les statistiques datées du 1er janvier, le nombre de Japonais s’est établi à 119,19 millions. C’est la première fois depuis 1984 qu’il descend au-dessous du seuil de 120 millions, rapportait le quotidien Nihon Keizai Shimbun en juillet, lorsque ces chiffres ont été publiés. Entre 2025 et 2026, le solde négatif, c’est-à-dire la différence entre les naissances et les décès, a atteint 920 000. C’est comme si une ville comme Marseille disparaissait en un an.
Un quart du budget pour la protection sociale
Quant aux ressortissants étrangers sur le sol nippon, leur nombre continue de croître, mais il ne compense pas la baisse de la natalité. Ils sont désormais plus de 4 millions à vivre dans l’archipel, représentant 3,26 % de la population totale. Leur nombre est en hausse continue depuis 2013 – l’État japonais ne les recensait pas auparavant.
Si le nombre record de centenaires témoigne de la solidité du système de santé nippon, il n’est pas sans soulever des inquiétudes. Comme en France, celui-ci est financé par les cotisations, et la chute de la population active le fragilise chaque année un peu plus. “La protection sociale pèse lourd dans le budget de l’État”, écrit l’édition japonaise de Bloomberg dans un article repris par la chaîne de télévision TBS.
Pour l’année 2027, les différents ministères japonais ont demandé un budget global de 143 000 milliards de yens (800 milliards d’euros). Pour sa part, le ministère de la Santé, du Travail et des Affaires sociales a demandé environ 33 700 milliards de yens (188 milliards d’euros) pour financer les retraites et le système de santé – “ce qui représente presque un quart du total”, note Bloomberg.
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