“Fuyez, les Russes arrivent !” Un jour du début de septembre 1914, un cycliste terrorisé arrive en hurlant dans Lytchakiv, un faubourg de Lviv [ville nommée “Lemberg” du temps de l’Empire austro-hongrois]. Un Polonais du nom de Bogdan Krzysztofowicz arrête le paniquard en le faisant tomber. Lui collant son revolver sur la tempe, il lui ordonne de se taire et le confie aux militaires.
L’intervention de Krzysztofowicz ne change rien. Malgré des articles rassurants dans la presse, la rumeur d’une offensive russe ne fait qu’enfler. Les Lviviens prennent d’assaut les trains, les habitants de Lytchakiv refluent en masse dans la ville en espérant que les ennemis seront stoppés aux abords de cette dernière. Mais l’armée austro-hongroise, épuisée par les combats en Galicie, décide de reculer. Si bien que la ville est prise sans combat le 3 septembre 1914.
La première occupation historique de Lviv par les Russes va durer près de dix mois et va détruire la vie de la population locale. L’administration d’occupation prend plus particulièrement pour cibles les Juifs et, surtout, les Ukrainiens. Prise d’otages, répression, censure, fermeture des médias, russification forcée, misère, couvre-feu, tout est déjà là. Et comme aujourd’hui, tout se déroule au nom de la “libération” et de la “récupéra
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La guerre de 14-18 est le nœud des tragédies ultérieures
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