“C’est la photo qui agite le Tout-Washington”, souligne The New York Times. Le 16 septembre, des photojournalistes ont pris plusieurs clichés du président américain depuis le tarmac de la Joint Base Andrews de l’US Air Force, dans le Maryland. On peut y voir Donald Trump, à travers les hublots de l’avion présidentiel, Air Force One, en train de consulter une grande affiche sur laquelle on devine les mots “Kennedy Center” et “démoli”.
Alors que la fermeture actée le 15 septembre de ce haut lieu culturel de la capitale américaine a déjà fait couler beaucoup d’encre, la publication de telles photos provoque une véritable levée de boucliers. “Ces clichés ont été versés au dossier d’une action en justice déjà engagée autour de l’avenir du Kennedy Center, dont le bâtiment principal a fermé ses portes après un an et demi de gestion désastreuse menée sous la houlette de Donald Trump”, écrit le quotidien new-yorkais.
Terrain d’affrontement politique
The Washington Post souligne de son côté que la représentante démocrate de l’Ohio Joyce Beatty a immédiatement demandé une audience d’urgence devant la justice pour “certifier que le Kennedy Center ne pouvait pas être démoli unilatéralement par l’administration Trump” – audience d’urgence qu’elle n’a pas obtenue auprès du juge Christopher Cooper, même si l’affaire suit son cours devant la justice.
L’annonce de la fermeture du Kennedy Center est intervenue après que ce même juge a statué que le nom de Donald Trump ne pouvait pas être inscrit sur le bâtiment du Kennedy Center sans l’accord du Congrès. Le conseil d’administration du centre – largement acquis à Trump – a alors voté sa fermeture. Une décision fondée sur des “raisons de sécurité”, a justifié le président américain, qui, dans la foulée, a conditionné toute rénovation à une éventuelle nouvelle décision de justice favorable, en ultime ressort, à l’ajout de son nom sur l’édifice.
Dans un long article consacré à l’histoire du Kennedy Center, qui a ouvert ses portes en 1971, le quotidien USA Today rappelle que Trump a commencé par “vivement critiquer l’institution culturelle pour sa programmation woke”, comme il l’a fait avec le Smithsonian et d’autres grandes institutions américaines. Puis le locataire de la Maison-Blanche a obtenu, en décembre, que son nom soit ajouté sur la façade du centre culturel, mais cela n’a pas duré.
“En mai, le juge Christopher Cooper a ordonné que le nom de Trump soit retiré, soulignant que la loi fédérale stipulait clairement que le Kennedy Center devait porter le nom du président Kennedy et lui rendre hommage, à lui seul.”
Le nom de Trump a été retiré de la façade du bâtiment le mois suivant. Le quotidien américain souligne que la polémique, qui ne cesse d’enfler, montre à quel point “cette institution, longtemps saluée aussi bien par les démocrates que par les républicains pour sa mise en valeur des plus belles œuvres du pays, est désormais un terrain d’affrontement politique”.
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