En direct Jeudi 22 Octobre 2026
Culture

Le message de Bukele aux gangs haïtiens — un ultimatum direct qui contourne Port-au-Prince

Le 21 octobre 2026, le président salvadorien Nayib Bukele a publié un message vidéo adressé explicitement « aux chefs de gangs et aux membres de gangs qui retiennent quatre de nos compatriotes en otage en Haïti ». Rédigé en créole haïtien, le texte est d’une clarté brutale : les quatre

Le message de Bukele aux gangs haïtiens — un ultimatum direct qui contourne Port-au-Prince
HaitiCreoleRadio.com

21 octobre 2026
Le message de Bukele aux gangs haïtiens — un ultimatum direct qui contourne Port-au-Prince 
Actualités Opinions Politique

Le message de Bukele aux gangs haïtiens — un ultimatum direct qui contourne Port-au-Prince 

  • by Rezo Nodwes
  • 21 octobre 2026
  • 0 Comments

Le 21 octobre 2026, le président salvadorien Nayib Bukele a publié un message vidéo adressé  explicitement « aux chefs de gangs et aux membres de gangs qui retiennent quatre de nos  compatriotes en otage en Haïti ». Rédigé en créole haïtien, le texte est d’une clarté brutale :  les quatre techniciens d’aviation salvadoriens, membres d’une mission internationale (la Gang  Suppression Force, GSF) chargée d’évacuations médicales et non de combat, ont été  kidnappés de façon lâche alors qu’ils revenaient d’un supermarché. Une opération militaire a  déjà été lancée. L’objectif unique est leur retour sains et saufs. Mais si les otages ne sont pas  libérés vivants, « l’attaque d’aujourd’hui n’est rien comparé à ce qui va suivre ». Bukele  rappelle qu’El Salvador a déjà « fini » avec ses propres gangs et qu’il peut faire de même avec  ceux d’Haïti. « Vous avez encore le temps d’éviter cela. » 

Ce message n’est pas un communiqué diplomatique. C’est un ultimatum public, filmé et  diffusé en direct sur X, accompagné d’images d’opérations militaires en zone urbaine  haïtienne (véhicules blindés, fumée, décombres). Il s’adresse aux captors, pas aux autorités  haïtiennes. 

Bukele ne s’adresse pas au Premier ministre haïtien Alix Didier Fils-Aimé, qui détient  l’exécutif depuis la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition en février 2026 et qui  multiplie les appels à la sécurité et aux élections. Plusieurs raisons, liées à la réalité du terrain  et à la méthode Bukele, expliquent ce choix. 

D’abord, le pouvoir réel sur les zones contrôlées par les gangs (notamment autour de Croix des-Bouquets et Santo, où a eu lieu l’embuscade du 18 octobre) n’est pas entre les mains de  Port-au-Prince. Les coalitions criminelles comme Viv Ansanm et des groupes tels que Chen  

Mechan ou 400 Mawozo dominent de larges portions de la capitale et de ses environs.  S’adresser au Premier ministre reviendrait à reconnaître une chaîne de commandement qui,  sur le terrain, n’existe plus. Bukele parle directement à ceux qui détiennent les otages. 

Ensuite, le style de gouvernance de Bukele repose sur l’action unilatérale et la démonstration  de force, pas sur les consultations formelles. El Salvador participe à la GSF, mission autorisée  par l’ONU et demandée par les autorités haïtiennes, mais le président salvadorien agit ici en  chef d’État défendant ses ressortissants, sans passer par les canaux habituels. C’est cohérent  avec son image de « philosophe-roi » qui a écrasé les maras chez lui et qui propose son  modèle à l’étranger. 

Enfin, s’adresser à Fils-Aimé aurait dilué le message. Un dialogue intergouvernemental aurait  été plus long, plus protocolaire et potentiellement moins efficace face à des groupes armés qui  ne répondent pas à l’État haïtien. Bukele choisit la pression maximale et immédiate. 

Au-delà de la libération des quatre techniciens, le message porte une signification stratégique  et symbolique forte.

Il s’agit d’abord d’une démonstration de crédibilité. Bukele a transformé El Salvador d’un  pays gangrené par les gangs en l’un des plus sûrs de la région. En menaçant de « finir » avec  les gangs haïtiens, il exporte cette doctrine de tolérance zéro. Le message dit : nous savons  comment faire, nous l’avons déjà fait, et nous n’avons pas peur de le refaire hors de nos  frontières. 

Article précédent Floride — Thanksgiving solidaire à Orlando : avocat gratuit … Article suivant Cinéma: «Marie Madeleine» de Gessica Généus, entre la foi, l…

Commentaires (0)

Laisser un commentaire

0 / 2000 caractères

Aucun commentaire. Soyez le premier !