L’un des pays les plus touchés par la précarité menstruelle vient de faire un pas décisif vers plus de justice en la matière. Le Pakistan décide de “supprimer la taxe sur les ventes de protections périodiques ainsi que les contraceptifs”, rapporte NPR. Le gouvernement a présenté son prochain budget qui fait passer la taxe sur ces produits “de 18 % à zéro”. La mesure entrera en vigueur le 1er juillet.

Jusqu’ici, les serviettes et tampons étaient considérés comme des “produits de luxe et leur prix les rendait inaccessibles pour beaucoup de Pakistanaises”, poursuit la radio publique américaine. Selon un rapport de l’Unicef en 2025, “seule une femme sur dix au Pakistan utilise des produits de fabrication industrielle”.

Une victoire de la société civile

Le Pakistan “emboîte le pas de plusieurs pays qui ont supprimé ou réduit les taxes et droits d’importation sur les protections menstruelles”, dont le Malawi, l’Inde et le Népal. C’est aussi une victoire pour les militants qui avaient “lancé une bataille juridique et de lobbying largement couverte par les médias”.

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Mahnoor Omer, l’avocate qui avait lancé une pétition et porté l’action en justice en septembre 2025 à Islamabad, salue la mesure :

“Hommes et femmes, tout le monde applaudit et salue cette initiative”.

Les militants contre la précarité menstruelle soulignaient que les protections périodiques étaient doublement imposées : en plus du taux de 18 % s’ajoutait “une taxe douanière de 25 % sur les produits importés”, explique CNN. Face aux coûts prohibitifs, la plupart des femmes pakistanaises “ont recours à des serviettes de tissu et d’autres solutions alternatives fait maison”.

La campagne visait le gouvernement, accusé d’avoir “systématiquement bafoué les droits des femmes et des jeunes filles à la santé et à l’éducation, les empêchant ainsi de participer pleinement à la vie publique”, en violation de la constitution qui “interdit toute discrimination fondée sur le genre”.

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Ahsan Jehangir Khan, avocat lui aussi engagé dans la bataille juridique, explique au média américain que “cette affaire ‘montre l’absurdité du régime fiscal’ qui s’applique aux produits d’hygiène pour les femmes”.

ONU Femmes a salué une “avancée importante” qui devrait “permettre à davantage de femmes et de jeunes filles de rester au travail et à l’école” pendant leurs menstruations.