Les Etats-Unis ont imposé leur hégémonie multiforme sur le Moyen-Orient de 1990 à 2020. C’est George Bush père [1989-1993] qui établit ce « nouvel ordre » américain au Moyen-Orient à la faveur de la campagne de libération du Koweït, alors occupé par l’Irak [1990-1991]. Non seulement Washington dirigea avec succès une coalition de dizaines de pays contre Bagdad, mais la Maison Blanche compléta sa victoire militaire par le lancement d’un processus de paix israélo-arabe. Le président républicain était en effet conscient qu’un rapport de force, même écrasant, ne pouvait assurer seul la domination des Etats-Unis et qu’il devait être complété par une mobilisation diplomatique au service de la Pax americana dans cette région stratégique.
Le démocrate Bill Clinton, au pouvoir de 1993 à 2001, hérita de cette position très favorable, sans parvenir à régler le conflit israélo-palestinien. Son successeur, George W. Bush, faillit bien compromettre les acquis de son père en lançant la « guerre globale contre la terreur », avec le renversement, en 2001, des talibans en Afghanistan, puis, en 2003, l’invasion et l’occupation de l’Irak.
Il revint au démocrate Barack Obama [2009-2017] de rétablir en partie la situation, en retirant les troupes américaines d’Irak en 2011, puis en négociant un accord multilatéral sur le nucléaire iranien en 2015. Certes, les pourparlers israélo-palestiniens étaient dans l’impasse et les Etats-Unis étaient contraints de renvoyer un contingent limité en Irak et en Syrie pour y combattre les djihadistes de l’organisation Etat islamique. Mais nul n’aurait songé contester alors la suprématie américaine au Moyen-Orient.
Absence de vision claire
Donald Trump a saccagé cet édifice stratégique avec une inconscience d’enfant gâté. Le retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien, en 2018, libère la République islamique de toute restriction en matière d’enrichissement d’uranium. Le transfert, la même année, de l’ambassade américaine à Jérusalem (où seuls six pays ont suivi les Etats-Unis) ruine tout espoir d’un règlement israélo-palestinien sous l’égide exclusive de Washington. L’« accord du siècle » que proclame à cet égard la Maison Blanche, en janvier 2020, ne connaît d’ailleurs aucun début d’application.
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