La présidentielle française de 2027 vient de faire son premier mort politique. Il s’agit du Parti socialiste [PS]. Force motrice de la vie institutionnelle française, au cœur du pouvoir sans discontinuer, d’une façon ou d’une autre, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le PS est décédé ce dimanche 11 octobre en accouchant du vainqueur de sa primaire. À charge pour ce dernier de jouer, durant la campagne jusqu’au premier tour du 18 avril 2027, le rôle de l’exécuteur testamentaire.

La mort du PS français, qui ne compte plus officiellement qu’environ 30 000 adhérents (121 000 personnes, en comparaison, ont voté lors de la primaire, après avoir payé 15 euros), n’étonne personne. Depuis la fin du quinquennat de François Hollande, son ancien premier secrétaire élu président de la République en 2012, ce parti, qui devrait porter les espoirs et les propositions de la social-démocratie, s’est noyé dans les querelles intestines, en abandonnant toute réflexion de fond.

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Sauvé de la débandade par l’alliance avec La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon pour les législatives de 2022 (la Nupes), puis pour celles de 2024 (le Nouveau Front populaire), le parti à la rose de François Mitterrand – président de 1981 à 1995 – a préféré l’arithmétique électorale au travail politique. Avec, pour seul espoir, que la fin du macronisme lui rouvre un espace au centre gauche.

La réalité est que cet espace existe. L’histoire dira si Raphaël Glucksmann, vainqueur de la primaire avec 66 % des voix, saura l’occuper et l’incarner. Mais cet espace ne rime plus avec le PS, dont le futur candidat à la présidentielle de 2027 n’a jamais été membre. La force de Glucksmann est son positionnement plus que son programme. Il est résolument proeuropéen. Il est anti-Poutine et anti-Trump. Il croit en l’écologie comme instrument de transformation de l’économie. Au-delà ? Le flou règne.

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