“Même s’il a vraiment écrit ça, je trouve qu’il y a plus grave. Je voterai de toute façon pour le RN [Rassemblement national].” Croisée samedi [24 octobre] à Orléans, où le RN tenait son congrès, Nicole n’était pas embarrassée par les accusations d’écrits antisémites qui poursuivent Jordan Bardella. Le président du RN, fraîchement réélu à la tête du parti d’extrême droite par 98,98 % des adhérents, en conteste toujours la paternité.

Mais pour cette sympathisante, au fond, peu importe. Qu’elles soient fondées ou non, ces accusations ne changeront pas son vote. Et Nicole n’est pas un cas isolé : “Le changement, c’est Bardella. Je suis prêt à prendre le risque”, avançait un habitant de Sarcelles de confession juive rencontré en reportage dans la foulée des révélations de Mediapart.

“Je voterai de toute façon pour le RN.” Qu’importe l’antisémitisme. Cette petite phrase en dit long sur la banalisation de l’extrême droite et la normalisation des idées défendues par le parti de Marine Le Pen. Le Rassemblement national n’a même plus besoin d’être respectable pour prétendre accéder au pouvoir.

Depuis quinze ans, Marine Le Pen s’emploie scrupuleusement à effacer les stigmates du Front national. La dédiabolisation répondait à une nécessité électorale : pour caresser le rêve de conquérir un