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Le vol à l’étalage, une tendance sans complexe

Le vol à l’étalage est tendance sur les réseaux sociaux. Les auteurs de “borrow haul”, littéralement “déballage du butin”, s’affichent sans complexe. Certains en font même de l’humour. Mais cette tendance est le symptôme d’une hausse des prix telle que de plus en plus de conso

Le vol à l’étalage, une tendance sans complexe
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Vidéo. Le vol à l’étalage, une tendance sans complexe

Depuis quelque temps, au Royaume-Uni, “le vol a acquis une nouvelle et étrange réputation : au-delà de l’acte de délinquance, il apparaît désormais, pour certains, comme une nécessité”, pointe le média en ligne britannique Polyester.

Résultat, sur les réseaux sociaux, certains ne se gênent plus pour montrer leur butin.

Explication en vidéo.

Pour les moins téméraires, il existe une autre manière de se nourrir gratuitement : la cueillette.

Dans un article du 24 août titré “Les jeunes gens misent sur la cueillette sauvage face à la flambée du coût de la vie”, le média britannique Dazed examine cette drôle de tendance qui ramène la jeunesse vers ses racines préhistoriques de chasseur-cueilleur.

Il y a 250 000 ans, l’humain dépendait entièrement des ressources naturelles pour manger et se soigner. Au fil des siècles, il a appris à cultiver pour sa famille, puis à grande échelle grâce à la révolution industrielle.

“Aujourd’hui, nous sommes dépendants des chaînes de supermarchés et des grandes exploitations agricoles pour nous nourrir. Mais la pandémie, les conflits mondiaux, les conditions climatiques extrêmes ont mis à nu la fragilité des chaînes d’approvisionnement qui soutiennent ce système”, explique Dazed.

Afin de sortir de ce système et de se reconnecter à la nature, des Britanniques se sont donc mis à cueillir leur nourriture.

C’est par exemple le cas d’Elsa Evelyn, qui pratiquait déjà la cueillette dans sa région d’origine, Winchester. Mais la jeune femme a ensuite déménagé dans le Devon et constaté que les opportunités étaient encore plus grandes.

“Les baies et les myrtillessauvages poussenten abondance dansla région de Dartmoor,comme l’hydrocotyleou la prêle.La semaine dernière,j’ai cueilli des prunes-ceriseset des mûres précoces,que j’ai ajoutées à une pavlova.”

Elsa Evelyn, 27 ans, auprès du média britannique Dazed

Mais les citadins peuvent aussi s’adonner à des journées de récolte sauvage.

“Les circuits propres à la cueillette et aux plantes comestibles se multiplient dans les zones urbaines du Royaume-Uni : de la cueillette d’algues, d’oseille et de salicorne dans les villes côtières du Kent, aux feuilles et champignons de Sheffield, en passant par des ateliers de pizza aux ingrédients sauvages à Leeds”, pointe même Dazed.

Sur Internet, même succès. Les recherches du mot foraging (“cueillette” ou “recherche de nourriture” en français) ont augmenté d’un tiers en un an.

Sur TikTok, plus de 3 000 vidéos de cueilleurs britanniques montrent comment cuisiner des plats délicieux avec ce qu’on a trouvé dans la forêt.

“La cueillette est devenue un créneau très en vogue chez les créateurs de contenu consacré à la nature”, remarque Dazed, qui cite Fern Freud (@foragedbyfern), 185 000 abonnés, ou Megan Howlett du compte @theforagerscottage, 277 000 abonnés.

Mais attention à ne pas abuser de la cueillette, au risque d’épuiser les ressources, de menacer la faune sauvage et de détruire des écosystèmes. Ce qui suppose qu’elle ne peut pas être pratiquée à grande échelle.

Quant au vol à l’étalage, il est illégal et reste une mesure d’extrême nécessité pour beaucoup.

Ces tendances sont donc loin de venir à bout des inégalités d’accès à la nourriture. Mais elles ont le mérite de prouver une chose : de plus en plus d’individus sont prêts à se salir les mains. Au sens propre comme au sens figuré.⏤

Camille Miloua Giraudeau
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