En Serbie la trêve électorale a mis fin à la campagne deux jours avant la tenue de législatives cruciales qui pourraient marquer la fin du règne sans partage depuis quatorze ans de l’autoritaire Aleksandar Vucic. Mais cette trêve ne semble pas valoir pour tous les candidats. En plein cœur de Belgrade, surplombant l’avenue Kolarceva, un écran géant continue vendredi 23 octobre de diffuser le clip de campagne d’Aleksandar Vucic et de sa nouvelle coalition baptisée Serbie Unie.
Personne n’y prête attention car il est de notoriété publique que « ces élections ne sont ni libres ni disputées sur un pied d’égalité », souligne Rasa Nedeljkov, responsable des missions d’observation électorale au Centre pour la recherche, la transparence et la responsabilité (CRTA) une ONG serbe de promotion des valeurs démocratiques. « Notre réalité actuelle, c’est que personne ne peut exprimer ouvertement son opposition au pouvoir sans crainte des répercussions », poursuit l’expert.
Contraint par la Constitution, qui lui interdit un troisième mandat, Aleksandar Vucic a démissionné de la présidence le 27 septembre et appelé des élections législatives anticipées pour tenter de se maintenir au pouvoir au poste de premier ministre, fonction qu’il avait occupée de 2014 à 2017.
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