Les chimpanzés sont moins susceptibles de voler de la nourriture à leurs amis, d’après une étude publiée dans la revue Evolution and Human Behavior, dont The New York Times relaie les résultats vendredi 23 octobre.

Les chercheurs ont mis en place des expériences où les chimpanzés étaient placés par paires, explique le New York Times. L’un des deux pouvait être le voleur et dérober des fruits à une victime. “Globalement, les résultats ont révélé que les amis étaient moins susceptibles de se voler entre eux et ne retiraient les plateaux d’ananas (à leurs amis) que dans 61 % des cas, contre 70 % avec les (simples) connaissances.”

Si “la notion d’’amitié’ chez les primates non humains a une histoire controversée”, de nombreux chercheurs jugeant que ce terme “relève de l’anthropomorphisme”, cette “expérience qui a opposé l’amitié à des tranches d’ananas”, est “la première étude à démontrer que les primates peuvent privilégier l’amitié aux friandises”, souligne le quotidien américain. Elle révèle “une capacité à réprimer des pulsions égoïstes jusqu’alors inconnue chez nos cousins ​​les singes poilus”, et “pourrait éclairer les origines des normes humaines en matière d’amitié”.

“Il ne nous paraissait pas évident que les chimpanzés voleraient moins leurs congénères”, a déclaré Oded Ritov, psychologue social à l’Université de Californie à Berkeley et principal auteur de l’étude. Cette découverte montre que les chimpanzés, comme les humains, ont des attentes sociales les uns envers les autres, a-t-il ajouté. “Nous pensons que ces attentes pourraient constituer un fondement essentiel qui a ensuite évolué vers le sens de l’équité et d’autres formes de moralité que l’on observe chez l’humain.”