Dans les films et les séries, quand un personnage veut des tablettes de chocolat, il y a de fortes chances qu’il se mette au sol et commence à faire des “crunchs”. Selon Lee Brown, chercheur spécialisé en préparation physique à l’université d’East London, cela relève davantage de la mise en scène hollywoodienne que de la science.

“Cela vient des anciennes pratiques des entraîneurs de boxe, et tout le monde semble suivre ce modèle, explique-t-il. C’est pourtant loin d’être le meilleur exercice pour muscler sa ceinture abdominale”.

Cet exercice, qu’on appelle aussi le sit-up ou redressement assis, consiste à s’allonger sur le dos, les genoux repliés, puis à relever son torse jusqu’aux cuisses et à redescendre. Si la ceinture abdominale est assurément mobilisée, Lee Brown souligne que le mouvement est surtout supporté par les muscles fléchisseurs des hanches, dont un particulièrement profond appelé le grand psoas. L’exercice ne cible donc pas autant les abdominaux qu’on pourrait le penser.

Ce mouvement peut même entraîner des blessures. “Exécuter trop de crunchs peut provoquer des problèmes de lombaires. Stimuler à l’excès les fléchisseurs des hanches peut les rendre hypertoniques [raides et tendus] ”, avertit Lee Brown qui précise :

“Votre torse va pencher vers l’avant parce que vous aurez trop affermi et raidi vos fléchisseurs des hanches, ce qui peut créer un déséquilibre et une concentration des tensions dans le bas du dos.”

Le chercheur recommande plutôt des exercices tels que la planche, le gainage latéral, la “marche du fermier” (qui consiste à marcher en portant un poids lourd dans chaque main), le “porté de valise” (marcher avec un poids dans une seule main afin de travailler la stabilité), ou encore le “chien-oiseau” (tendre un bras et la jambe opposée en position à quatre pattes). Le Pilates et le yoga peuvent également aider à renforcer les abdominaux.

“J’ai travaillé avec un sprinteur atteint d’une blessure au dos et qui faisait des crunchs depuis toujours, poursuit Lee Brown. Je lui ai demandé combien de temps il pouvait tenir en planche. Il m’a répondu moins de trente secondes. Six semaines plus tard, il était capable de tenir sept minutes et ses douleurs de dos avaient disparu”.