Au Brésil, les élections générales ont lieu tous les quatre ans, le premier dimanche d’octobre pour le premier tour et le dernier dimanche du même mois en cas de second tour. Plus de 158 millions d’électeurs doivent alors choisir leurs président et vice-président, mais aussi les gouverneurs et vice-gouverneurs des 26 États fédérés et du district fédéral – où se trouve la capitale, Brasilia –, ainsi que les députés fédéraux et régionaux et une partie des sénateurs fédéraux.

Le vote est obligatoire pour les électeurs âgés de 18 à 70 ans, sous peine d’une amende, et facultatif pour les jeunes de 16 et 17 ans, les personnes analphabètes et les plus de 70 ans.

Qui les électeurs choisissent-ils ?

Le président brésilien est à la fois chef de l’État et du gouvernement fédéral. Pour son élection, comme pour celle des gouverneurs, le système majoritaire à deux tours s’applique. Au premier comme au second tour de l’élection de 2026, les enquêtes d’opinion placent le président sortant de gauche, Luiz Inácio Lula da Silva, 80 ans, au coude à coude avec Flávio Bolsonaro, 45 ans, fils aîné de l’ancien président d’extrême droite Jair Bolsonaro (2019-2022), lequel purge une peine de vingt-sept ans de prison pour tentative de coup d’État.

Au Sénat, les 81 sièges sont renouvelés par tiers ou par deux tiers à chaque élection, pour des mandats de huit ans, au scrutin majoritaire à un tour. Cette année, 54 sièges sont en jeu, chaque État fédéré et le district fédéral devant élire deux sénateurs.

À la Chambre des députés, les 513 sièges sont renouvelés tous les quatre ans, avec un nombre de sièges attribué à chaque État fédéré en fonction de sa population. Il en va de même pour les 1 059 sièges des assemblées législatives régionales. Ici, le système proportionnel s’applique : l’électeur choisit un candidat, mais son vote compte aussi pour son parti ou sa fédération. Le score de chaque formation détermine son nombre de sièges, ensuite attribués à ses candidats les mieux placés.

En octobre 2022, le Parti libéral (PL) de Jair et Flávio Bolsonaro était devenu le premier parti du Congrès, devenu “le plus conservateur de l’histoire du pays” depuis la fin de la dictature militaire (1964-1985), rapportait alors le quotidien Estado de São Paulo.

Comment votent les Brésiliens ?

Les Brésiliens votent par bulletin électronique, un système qui fête cette année ses 30 ans et qui a été instauré pour éliminer les fraudes qui entachaient le vote par bulletin papier. Depuis son introduction, aucune fraude n’a été détectée lors des scrutins.

Les électeurs ne tapent pas le nom des candidats, mais leur numéro. Pour la présidence et les gouvernements des États, celui-ci correspond aux deux chiffres du parti – 13 pour Lula, 22 pour Flávio Bolsonaro. D’autres chiffres sont ensuite ajoutés pour les sénateurs et les députés. Dès lors, “faire mémoriser cette suite de chiffres devient un enjeu de campagne pour les candidats”, qui l’impriment sur leurs tracts et le rappellent sur les réseaux sociaux ou dans des jingles, explique le quotidien O Globo.

Pendant sa campagne, Flávio Bolsonaro “a imité son père” en jetant le doute sur les urnes brésiliennes, rapporte G1. Avant sa défaite en 2022, Jair Bolsonaro avait multiplié les accusations sans preuve sur leur fiabilité, ce qui lui avait valu d’être déclaré inéligible un an plus tard. S’il nie avoir mis en cause l’intégrité du scrutin, Flávio Bolsonaro a annoncé, mi-septembre, vouloir recruter des volontaires pour surveiller le vote. La présence d’assesseurs désignés par les partis est pourtant “déjà prévue par la législation”, souligne O Globo.

Que se passe-t-il après les élections ?

La cérémonie d’investiture aura lieu le 5 janvier 2027. Elle commence traditionnellement à la cathédrale de Brasilia, à l’entrée de la place des Trois-Pouvoirs. Le président et le vice-président partent ensuite à bord de la Rolls-Royce officielle et remontent l’esplanade des Ministères jusqu’au Congrès national, où ils sont reçus par les présidents des deux chambres, avant de gagner le palais du Planalto, siège de l’exécutif. Après la montée de la rampe et la remise de l’écharpe présidentielle, le nouveau chef de l’État prononce un discours devant le public.

En 2023, Jair Bolsonaro, parti aux États-Unis deux jours avant la fin de son mandat sans avoir reconnu la victoire de Lula, n’avait pas assisté à l’investiture du nouveau président. Ce dernier avait alors gravi la rampe du palais entouré de huit représentants de la population, parmi lesquels le célèbre cacique autochtone Raoni. Une ramasseuse de déchets recyclables lui avait ensuite remis l’écharpe présidentielle. Une “investiture à la symbolique inédite”, avait à l’époque écrit une chroniqueuse d’O Globlo.