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Géopolitique

« Les errements de Trump sont devenus un facteur majeur de déstabilisation des relations internationales »

Les déclarations fluctuantes du président américain sont particulièrement désastreuses pour le Moyen-Orient, analyse l’historien Jean-Pierre Filiu dans sa chronique au « Monde ».

« Les errements de Trump sont devenus un facteur majeur de déstabilisation des relations internationales »
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« On ne peut pas faire confiance au président Trump, c’est aussi simple que cela. » Ce n’est pas un islamiste iranien ou un militant palestinien qui est aussi catégorique, mais Doug Ford, le premier ministre de l’Ontario, la province la plus peuplée du Canada, frontalière des Etats-Unis et très largement anglophone. Ford apporte ainsi son soutien à Mark Carney, le chef du gouvernement du Canada, qui a pris acte, le 22 août, de l’impossibilité de négocier avec Donald Trump, quitte à déclencher une guerre douanière d’envergure.

La conviction que la parole du président américain ne vaut plus grand-chose se répand dans le monde entier, tant les errements de Trump sont devenus un facteur majeur de déstabilisation des relations internationales. Mais c’est à l’évidence au Moyen-Orient qu’une telle déstabilisation est la plus désastreuse.

Avec le département d’Etat, Trump disposait d’un des appareils diplomatiques les plus expérimentés et les plus performants du monde. Il a préféré le marginaliser pour confier les plus importants dossiers internationaux à des proches venus souvent, comme lui, du monde de l’immobilier. Tel est le cas de son envoyé spécial pour la paix, Steve Witkoff, son partenaire d’affaires et de golf, ainsi que de son gendre, Jared Kushner, déjà à la manœuvre lors du premier mandat présidentiel pour le lancement des « accords d’Abraham » de normalisation israélo-arabe.

Le tandem Witkoff-Kushner a connu l’apogée de son influence à l’automne 2025, avec la responsabilité cumulée du cessez-le-feu proclamé en octobre à Gaza, d’une part, et des pourparlers avec la Russie sur l’Ukraine, d’autre part. Mais le duo d’émissaires a échoué à stabiliser la trêve dans l’enclave palestinienne, sans, par ailleurs, obtenir la moindre concession du Kremlin.

Ni guerre ni paix

L’amateurisme de Witkoff et de Kushner est devenu embarrassant lors des négociations menées avec l’Iran, en février 2026, sous l’égide du sultanat d’Oman. Le déclenchement par les Etats-Unis et Israël d’une offensive sans précédent contre l’Iran a relégué Witkoff et Kushner au second plan. C’est le vice-président, J. D. Vance, qui assume, en avril, la responsabilité des discussions avec l’Iran au Pakistan, discussions rompues au bout de 24 heures.

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