“Pas désolé”, écrit à la une de son édition datée du 17 octobre l’hebdomadaire The Economist, affichant un photomontage du Premier ministre canadien, Mark Carney, tout sourire, feuille d’érable entre les dents. En sous-titre : “Ce que Carney et le Canada peuvent apprendre au monde”.

Si le journal britannique a choisi de mettre en première page le chef du gouvernement canadien, c’est parce que Mark Carney, “en poste depuis dix-huit mois, n’a pas cédé en détermination” face à son voisin et partenaire stratégique, les États-Unis, et qu’il est devenu la “vedette d’un bras de fer durable, dramatique et captivant”, explique le journal en pages intérieures. On le sait, Donald Trump considère le Canada comme un pays “parasite”, qui “se nourrit aux dépens des États-Unis depuis des décennies”. Le président américain “ne cesse d’alourdir les droits de douane” des produits importés du pays des orignaux et des érables.

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Le Premier ministre canadien aurait pu céder, son pays n’étant qu’une “puissance moyenne, dotée d’une économie atone et de forces armées dérisoires”. D’autant qu’il a de nombreux points faibles, comme l’illustre le référendum organisé le 19 octobre par la province de l’Alberta pour “faire sécession, emportant avec elle plus de pétrole dans son sous-sol que l’ensemble des États-Unis”.

Une bonne dose de réalisme

Mais “Mark Carney a le vent en poupe”, et les sondages laissent penser que l’Alberta restera dans le giron canadien. Depuis janvier 2026 et son discours au forum de Davos, Carney est celui qui résiste au rouleau compresseur américain. “Son pays offre des enseignements sur ce que les puissances moyennes devraient faire lorsque le géant hégémonique leur coupe l’herbe sous le pied.”

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En résumé : “une bonne dose de réalisme” quant au peu de poids des pays “herbivores” dans un “monde dangereux” ; une politique d’atténuation d’“une partie des dégâts”, par la multiplication d’accords commerciaux et “symboliques”, comme les “discussions sur une adhésion associée à l’Union européenne” ; la mutualisation des efforts face à la “menace directe”. Même s’il faut reconnaître que cela n’est pas toujours réussi, comme on l’a vu cette semaine avec la “diplomatie du gazole” employée par Donald Trump dans le cadre du conflit en Ukraine.

Finalement, la “première leçon à tirer du Canada”, c’est sa politique intérieure “pragmatique” – entendre “libérale”, une ligne que défend l’hebdomadaire britannique. Mark Carney a su “mettre en œuvre des mesures trop longtemps repoussées pour stimuler la productivité, ouvrir l’économie et porter les dépenses de défense d’un niveau lamentablement bas de 1,3 % du PIB à 2 %”.