Entre le 1er janvier et le 27 juillet 2026, la France a vu partir en fumée plus de 116 000 hectares dans les incendies. Une situation inédite, marquée notamment en juillet par un mégafeu en Gironde, qui a mobilisé plus de 2 700 pompiers et 1 500 militaires au plus fort de la catastrophe, ou encore par l’incendie qui a ravagé 10 % de la forêt de Fontainebleau. Ces feux destructeurs ne touchent pas uniquement la France. L’Espagne, le Portugal ou encore le Royaume-Uni connaissent aussi depuis mi-juillet des incendies d’une ampleur historique.

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Les images de paysages calcinés et de familles contraintes d’abandonner précipitamment leur maison “deviennent malheureusement trop familières à mesure que la crise climatique s’étend et aggrave les saisons des feux de forêt sur toute la planète”, constate Graham Readfearn, journaliste pour The Guardian Australia. Son pays, l’Australie, a lui aussi connu un épisode traumatique avec “l’été noir” de décembre 2019 et janvier 2020. Ces incendies avaient fait 33 morts, tué des millions d’animaux et ravagé entre 18 et 24 millions d’hectares – une superficie représentant près de deux fois la taille de l’Angleterre.

Un système d’alerte sur trois niveaux

Depuis cette catastrophe, la prévention fait désormais partie du quotidien. “Dans les mois qui précèdent la saison des incendies, les habitants sont régulièrement incités à nettoyer leurs gouttières, à élaguer les branches qui surplombent leur maison et à débarrasser les abords de leur habitation de tout matériau inflammable”, explique Graham Readfearn. Les foyers sont également équipés de “plans de survie”, qui leur indiquent comment réagir en cas d’incendie, et sur les routes, des panneaux de signalisation ont été installés pour indiquer le risque d’incendie du jour. Un système d’alerte sur trois niveaux, selon la menace de l’incendie en cours, a aussi été mis en place.

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Les autorités nationales ont également recours à des techniques de gestion des feux inspirées des savoirs des aborigènes, comme le “brûlage culturel”. “Cette pratique consiste à allumer, dans des conditions contrôlées, des feux bénéfiques pour les écosystèmes afin de réduire les risques futurs”, expliquait le magazine américain Time en 2020. Plus concrètement, il s’agit de brûler des feuilles mortes ou des herbes sèches qui pourraient devenir des combustibles en cas d’incendie. L’objectif de toutes ces techniques préventives, c’est “d’éteindre les feux cinq ans avant qu’ils ne se déclarent”, résume Jason Sharples, professeur spécialisé dans les feux de brousse à l’université de Nouvelle-Galles du Sud, dans les colonnes du Financial Times.