Lilach Sheffer-Hadad n’est plus la même personne. Depuis le kibboutz de Beeri, où elle vivait, elle contemple la bande de Gaza et son paysage dévasté jusqu’à la mer. Il fut un temps où elle se serait dit “de gauche”, explique-t-elle. Aujourd’hui, elle ne rêve que de “construire sa nouvelle maison sur la plage”, dit-elle. “Là-bas. À Gaza.”

Il fut un temps où il aurait été inconcevable pour elle de voter en faveur d’Avigdor Lieberman, ancien ministre de la Défense [marqué à droite, mais aujourd’hui dans l’opposition au Premier ministre, Benyamin Nétanyahou]. Aujourd’hui, c’est ce qu’elle compte faire à l’occasion des prochaines élections législatives [le 27 octobre], déjà présentées comme les plus cruciales de l’histoire du pays.

Son revirement illustre bien la secousse politique provoquée en Israël par les attaques du 7 octobre 2023, qui ont dévasté des communautés comme Beeri et déclenché une nouvelle guerre.

Beeri, Kfar Aza, Nahal Oz, Nirim, autant de kibboutz dont les noms sont irrémédiablement ancrés dans la mémoire collective des Israéliens et associés aux attaques du Hamas ce jour-là. Longtemps identifiés comme des bastions de la gauche progressiste, ils incarnent aujourd’hui le virage à droite qu’a précipité la guerre de Gaza.

En temps “normal”, cette dynamique aurait pu b