L’Arabie saoudite tient à réaliser une succession de “parcs à thème de plusieurs milliards de dollars” sur son propre sol aussi bien qu’à l’étranger, constate le site américain Al-Monitor, après l’annonce d’un investissement de “7 milliards de dollars [environ 6 milliards d’euros] pour trois parcs à thème consacrés à l’univers des mangas, près de Paris”.
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Lors de la visite Paris, les 23 et 24 août, du prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane (MBS), un “accord d’entente non contraignant” a été signé avec Qiddiya, l’entreprise du secteur du divertissement détenue par le Fonds d’investissement public d’Arabie saoudite (PIF). Celle-ci est déjà très active à l’intérieur des frontières saoudiennes, où elle doit réaliser “l’ambitieux projet d’établir une industrie du divertissement quasiment à partir de zéro, dans le cadre du plan de diversification économique Vision 2030”.
Faire en cinq ans ce qui a pris un demi-siècle ailleurs
Les autorités envisagent pas moins de “24 parcs à thèmes et plus de 420 centres de divertissement”. Le principal projet est celui du parc de Qiddiya, près de la capitale, Riyad, déjà sorti de terre et où il est prévu – comme cela avait été annoncé pour la région parisienne, même si cela reste encore à préciser – de construire un parc consacré au manga japonais Dragon Ball.
Or l’expérience est pour l’instant mitigée, selon les explications de Dennis Spiegel, président et fondateur d’International Theme Park Services. Cité par Al-Monitor, ce spécialiste explique que “les Saoudiens ont essayé de construire un [ensemble] de parcs à thème comme à Orlando en Floride”, où se trouve le plus grand Disneyland du monde. Et ils ont voulu y arriver “en cinq ans”, là où le modèle d’Orlando a mis “cinquante-cinq ans” à se développer “à son propre rythme”.
“Franchement, ce parc [de Qiddiya] n’a aucune infrastructure” pour assurer son fonctionnement. Ni de moyens de transport pour s’y rendre, ni de commerces, ni d’espaces de restauration, ajoute Dennis Spiegel. Ce qui explique pourquoi il “a du mal à attirer les visiteurs”.
À cela s’ajoutent les températures extrêmes de l’été, avec des visites quasiment limitées aux heures du soir, ce qui peut être un frein pour les familles. Sans compter les effets de la guerre contre l’Iran, qui dissuade les Saoudiens de se déplacer à l’intérieur du pays. En effet, Qiddiya vise principalement une clientèle saoudienne, dans l’attente encore hypothétique d’un boom touristique du pays.
Un projet qui végète
Problème : le taux d’occupation des hôtels de Riyad a connu une baisse de 18 % par rapport à l’année précédente, pour s’établir à seulement 49 %, “du fait de l’instabilité régionale”.
Et c’est peut-être parce que ce projet phare sur le sol saoudien “végète” que les autorités saoudiennes cherchent à “placer quelques investissements à l’étranger”, estime Simon Chadwick, professeur à l’EM Lyon Business School de Shanghai, en Chine.
Ce projet de parc d’attractions en région parisienne est également un moyen pour Riyad d’approfondir ses relations avec la France, “un pays dont l’importance pour l’Arabie saoudite va croissant en tant que partenaire politique et militaire”, rappelle Kristin Diwan, chercheuse à l’Arab Gulf States Institute, auprès du média américain.
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