On savait le bolsonarisme toujours vivant au Brésil. Il en a fait une démonstration sans appel ce dimanche 4 octobre, avec l’arrivée en tête du premier tour de la présidentielle du candidat d’extrême droite Flavio Bolsonaro, avec 47,03 % des votes, contre 45,16 % pour le président Luiz Inacio Lula da Silva, qui brigue un quatrième mandat.
Sur l’esplanade pavée face au Théâtre municipal de Rio de Janeiro, le meeting festif organisé par le Parti des travailleurs (PT) s’est vite transformé en rassemblement morose. Vêtus de rouge, des partisans du président Lula, suivent, visages fermés et bière à la main, un large écran sur lequel s’affichent les résultats. Certains scrutent nerveusement leurs téléphones pour vérifier que les chiffres sont bien réels. D’autres, se rendent à l’évidence : ils pleurent ou se prennent la tête dans les mains.
« Les résultats sont souvent inattendus », a reconnu Lula depuis son QG à Sao Paulo, sur l’avenue Paulista. D’une voix sereine, et se permettant même quelques traits d’humour, il a promis de poursuivre la bataille et de se consacrer à convaincre les 30 millions de personnes (21 % de l’électorat) – un record – qui se sont abstenues lors du scrutin. Plus qu’il n’en faut pour rattraper les 2,5 millions de votes le séparant de son rival. « Nous allons lancer un appel pour que les gens comprennent qu’en ce moment historique pour le Brésil, il est essentiel de voter pour décider de l’avenir du pays », a-t-il déclaré, empli d’optimisme.
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