À l’issue d’un premier vote indicatif peu concluant à son égard, l’ancien président de la République du Sénégal Macky Sall a annoncé, samedi 17 octobre, le retrait de sa candidature au poste de secrétaire général de l’ONU.
Face à un “résultat cinglant”, estime Le Pays, avec “seulement cinq avis favorables, contre dix défavorables”, Macky Sall “a jeté l’éponge”.
“Après consultations avec Évariste Ndayishimiye, président de la république du Burundi, président en exercice de l’Union africaine, et Bassirou Diomaye Diakhar Faye, président de la république du Sénégal, président en exercice de la Cedeao, j’ai décidé de retirer ma candidature audit poste”, explique sobrement l’ancien président, cité par Le Soleil.
Six candidats sont toujours en lice après l’abandon du sénégalais Macky Sall, dont un Africain, l’Ougandais Olara Otunnu, ex-représentant spécial de l’ONU pour les enfants et les conflits armés. La Costaricaine Rebeca Grynspan (ancienne dirigeante de la Cnuced) est arrivée en tête du vote, suivie de l’Argentin Rafael Grossi (actuel dirigeant de l’Agence internationale de l’énergie atomique), d’Olara Otunnu, de Carolyn Rodrigues-Birkett (ancienne ministre des Affaires étrangères du Guyana), de Maria Fernanda Espinosa (ex-ministre des Affaires étrangères et de la Défense de l’Équateur) et de la diplomate équatorienne Ivonne A-Baki.
Pas de consensus
Les États membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont, lors du scrutin, vendredi 16 octobre, anonymement assigné à chaque candidat une mention : “encourage”, “décourage” ou “sans opinion”. Macky Sall a obtenu cinq “encourage” et dix “décourage” pour sa candidature, lui laissant peu de marge de manœuvre pour la suite. L’ancien président sénégalais n’est toutefois pas le seul à avoir dû essuyer un échec, car le vote n’a pas laissé apparaître de consensus.
La candidate arrivée en tête du scrutin, Rebeca Grynspan, secrétaire générale de l’ONU pour le commerce et le développement (Cnuced), a reçu neuf “encourage”, cinq “décourage”, dont deux émanant de membres permanents ayant un droit de veto, et un “sans opinion”. À tout moment, un nouveau candidat peut également se déclarer.
Pour Le Pays, Macky Sall a couru “derrière un fauteuil dont les cartes semblent déjà distribuées”, et ce pour plusieurs raisons. D’abord, l’usage diplomatique serait que le siège revienne à l’Amérique latine et les Caraïbes, suivant un principe de rotation géographique, après les deux mandats d’António Guterres.
Autre condition, souligne le journal de Ouagadougou, “pour la première fois en plus de quatre-vingts ans d’existence”, le siège de secrétaire général de l’ONU devrait revenir à une femme.
Un bilan présidentiel peu convaincant
Mais Macky Sall a surtout oublié son bilan “sérieusement interrogé” à la tête du Sénégal. Le Pays convoque “sa responsabilité, réelle ou supposée, dans les actes de violence qui ont endeuillé le Sénégal entre 2021 et 2024”.
“Macky Sall avait dans sa besace bien d’autres dossiers lourds à porter”, confirme Seneplus. Pour le média sénégalais en ligne, sa gestion du pouvoir et la question du bafouement des droits de l’homme auraient particulièrement pesé dans les votes tests à l’ONU.
“Beaucoup ne lui pardonnent pas d’avoir failli faire basculer le Sénégal : sa tentation d’un troisième mandat, ses manœuvres pour rester au pouvoir au-delà de la limite constitutionnelle”, énumère Le Djely.
Sans oublier, “la dette publique cachée du Sénégal, 425 milliards de francs CFA environ [près de 650 millions d’euros]”, rappelle l’Observateur Paalga, l’une des “grosses taches qu’aucun observateur averti ne saurait cautionner de voir associées à la personnalité du secrétaire général de l’ONU”.
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