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Martine Moïse voulait qu’Ariel Henry l’installe au Palais National pour achever le mandat de Jovenel Moïse, affirme Pierre Espérance

PORT-AU-PRINCE, 2 octobre 2026 — Martine Moïse aurait demandé à Ariel Henry de l’installer au Palais national afin de terminer le mandat de son mari assassiné, Jovenel Moïse, a affirmé jeudi matin Pierre Espérance, directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (RN

Martine Moïse voulait qu’Ariel Henry l’installe au Palais National pour achever le mandat de Jovenel Moïse, affirme Pierre Espérance
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2 octobre 2026
Martine Moïse voulait qu’Ariel Henry l’installe au Palais National pour achever le mandat de Jovenel Moïse, affirme Pierre Espérance
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Martine Moïse voulait qu’Ariel Henry l’installe au Palais National pour achever le mandat de Jovenel Moïse, affirme Pierre Espérance

  • by Rezo Nodwes
  • 2 octobre 2026
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PORT-AU-PRINCE, 2 octobre 2026 — Martine Moïse aurait demandé à Ariel Henry de l’installer au Palais national afin de terminer le mandat de son mari assassiné, Jovenel Moïse, a affirmé jeudi matin Pierre Espérance, directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), lors d’une intervention à l’émission de Rudy Sanon.

Selon M. Espérance, l’ancienne première dame du régime Tèt Kale II « nourrissait elle-même l’ambition d’accéder à la présidence après l’assassinat de Jovenel Moïse, le 7 juillet 2021 ». Cette ambition se serait notamment manifestée à son retour des États-Unis, où elle avait été évacuée pour recevoir des soins après avoir été blessée lors de l’attaque. Pierre Espérance soutient qu’elle n’aurait reçu qu’une seule balle, au bras, une affirmation qu’il oppose aux différentes versions ayant circulé sur l’étendue de ses blessures. Une telle accession à la présidence n’était toutefois prévue par aucun mécanisme constitutionnel : en droit haïtien, la conjointe d’un chef de l’État décédé ne dispose d’aucun droit successoral sur la fonction présidentielle.

Le parcours politique de Martine Moïse mérite également d’être replacé dans sa chronologie. Pratiquement inconnue de la sphère politique haïtienne avant l’émergence de Jovenel Moïse comme candidat à la présidence en 2015, elle avait, quelques semaines seulement après le magnicide du 7 juillet 2021, publiquement évoqué la possibilité de briguer elle-même la présidence. Cinq ans après le crime, les procédures judiciaires n’ont toujours pas permis d’établir définitivement l’ensemble de la chaîne des responsabilités intellectuelles et financières.

Si la démarche aujourd’hui attribuée à Martine Moïse par Pierre Espérance avait abouti, Haïti aurait connu une deuxième femme à la tête de l’État après Ertha Pascal-Trouillot, présidente provisoire de mars 1990 à février 1991. Les circonstances institutionnelles auraient toutefois été radicalement différentes : Martine Moïse ne détenait aucun mandat électif lui conférant un droit de succession à son époux.

Pierre Espérance a également replacé Dimitri Hérard, alors chef de l’Unité de sécurité générale du Palais national (USGPN), au centre de ses déclarations.

Selon Pierre Espérance, un rapport d’enquête fait état d’une somme de plusieurs millions de dollars débloquée peu avant l’assassinat dans une opération impliquant le Palais national et liée à Dimitri Hérard. Espérance demande que la destination de ces fonds, leur justification administrative et l’intégralité du circuit bancaire soient retracées.

Une déclaration antérieure du responsable du RNDDH faisait état d’un document de décaissement signé par le ministre de l’Économie et des Finances Michel Patrick Boisvert, à la demande du secrétaire général du Palais national Lyonel Valbrun, au bénéfice de Matador S.A., société de sécurité qu’Espérance associait à Hérard.

Pierre Espérance affirme en outre que Martine Moïse et Dimitri Hérard étaient « très très proches » et présente l’ancien responsable de l’USGPN comme un homme bénéficiant de la confiance de l’ancienne première dame.

Pierre Espérance affirme également détenir des données concernant les communications entre Joseph Félix Badio et Dimitri Hérard.

Selon le directeur du RNDDH, Badio et Hérard se sont parlé à plusieurs reprises à l’approche de l’assassinat. Espérance insiste particulièrement sur les communications intervenues autour de la veille et de la nuit du 6 au 7 juillet 2021.

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