Le verdict était attendu en France mais aussi en Argentine, dont l’ancien rugbyman Federico Aramburú était originaire. “Le tribunal de Paris a condamné Loïk Le Priol, un ancien militaire de 32 ans, à 26 ans de prison pour avoir tiré les coups de feu qui ont coûté la vie à ce sportif de 42 ans, à la suite d’une altercation survenue sur la terrasse d’un bar en plein centre de Paris, le 19 mars 2022, rapporte Página 12, à Buenos Aires. Romain Bouvier, 35 ans, un ami de Le Priol, a été condamné à 19 ans de prison”. Ils ont dix jours pour faire appel.
Comme le souligne le quotidien de gauche, la justice française “a écarté l’hypothèse de la préméditation”, mais retenu “l’intention de tuer” de Loïk Le Priol, condamné pour meurtre tandis que son ami, lui aussi militant d’ultradroite, l’a été pour tentative de meurtre. La cour a estimé que la “mort gratuite” de Federico Aramburú, ex-international argentin qui a évolué dans plusieurs clubs français, dont Biarritz, a été causée par “la rage narcissique” de Le Priol, “écartant l’argument de légitime défense”.
Si “les avocats de Le Priol ont fait valoir que l’ancien marin souffrait d’un syndrome de stress post-traumatique lié à son passé militaire”, Clarín note de son côté que “le jury ne les a toutefois pas crus”.
Un verdict rendu dans un contexte inédit
La Nación, qui a également suivi de près le procès, rappelle le “lourd passé” du trentenaire, qui “figurait sur la liste S des terroristes présumés et est connu pour ses liens avec des groupes néofascistes”. Le journal conservateur souligne aussi que cet ancien commando de la marine “a été écarté de l’armée pour des actes de violence” et “condamné à quatre ans de prison – dont deux avec sursis – pour avoir participé à la torture d’un ancien président du groupe d’extrême droite GUD”.
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Je m’abonneClarín relève que le verdict a été rendu vers 21 h 30, heure de Paris, “à l’issue d’une délibération de 11 heures au cours de laquelle le jury est finalement parvenu à une décision à la majorité absolue”. Le tout dans un contexte inédit, la capitale française se trouvant “sous haute sécurité en raison de la présence du pape Léon XIV, qui venait justement de visiter la cathédrale Notre-Dame, située presque à côté de l’ancien Palais de Justice”.
Dans la salle Voltaire, décrit le journal, “on pouvait voir des foulards rouges de Hego Pampa [association créée pour faire perdurer les valeurs portées par Federico Aramburú], avec le drapeau argentin, [son surnom] ‘Fede’ et son numéro 13 de capitaine ; tous ses amis en portaient un. Un Basque a acheté 1 000 fanions et les a distribués aux personnes présentes”. Selon Clarín, “il y avait plus d’une centaine de personnes dans la salle. Il s’agissait en effet d’une affaire historique”.
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