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Meurtre de Tupac Shakur : Duane Davis reconnu coupable, trente ans après la mort du rappeur

L’ancien membre de gang, qui a l’intention de faire appel, était poursuivi pour avoir commandité l’attaque contre la légende du rap, tuée à l’âge de 25 ans, et fourni l’arme du crime. Il encourt la perpétuité incompressible.

Meurtre de Tupac Shakur : Duane Davis reconnu coupable, trente ans après la mort du rappeur
HaitiCreoleRadio.com

Près de trente ans après la mort de Tupac Shakur, le procès très médiatisé de Duane « Keefe D » Davis a connu son dénouement, lundi 31 août, à Las Vegas (Nevada). L’ancien membre d’un gang de Los Angeles a été reconnu coupable du meurtre du rappeur en 1996, malgré les arguments de la défense, qui insistait sur l’absence de preuves matérielles.

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Cette ex-figure des South Side Crips, gang d’un quartier sensible de Los Angeles (Californie), était jugée pour avoir commandité le meurtre de la légende du rap et fourni l’arme du crime. Après avoir délibéré pendant quelques heures seulement, le jury l’a donc reconnu coupable de « meurtre au premier degré avec usage d’une arme mortelle ». Le prononcé de la peine aura lieu le 13 octobre prochain. S’adressant à la juge Carli Kierny, après l’annonce du verdict, Duane Davis a déclaré dans la salle d’audience vouloir faire appel de la décision.

« Caïd »

Lors du dernier acte de ce procès, les plaidoiries finales de l’accusation et de la défense avaient duré près de cinq heures. Dans son réquisitoire, le procureur, Binu Palal, représentant l’Etat du Nevada (sud-ouest), a martelé la thèse de l’accusation, de représailles au passage à tabac du neveu de Duane Davis, Orlando Anderson, auquel Tupac Shakur avait participé, dans un cycle de vendetta.

L’accusé, qu’il a décrit à de multiples reprises comme un « caïd », dont les ordres étaient suivis par les membres des Crips (« shot caller » en anglais), encourt la perpétuité incompressible.

Le contentieux opposait deux labels de musique, Death Row Records et Bad Boy Records, fondé par Sean Combs (« Puff Daddy » ou « P. Diddy »), chacun recourant à un gang rival pour assurer la protection de ses artistes, avec en toile de fond la guerre entre les gangs des Crips et des Bloods à Los Angeles, qui a culminé dans les années 1990.

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« Duane Davis, dans la culture des gangs, ne pouvait [pas] laisser passer cela », a affirmé M. Palal, en référence à l’humiliation publique de son neveu, quelques heures avant les tirs contre Tupac Shakur. « Il s’est procuré le pistolet, il a organisé le groupe, il a donné la chasse à M. Shakur », a-t-il énuméré, insistant sur le caractère prémédité, selon lui, des actes de l’accusé, un ex-trafiquant de drogue, et retenant ses propres déclarations contre lui.

Des mémoires compromettants

Dès 2008, Duane Davis a reconnu devant les enquêteurs qu’il se trouvait dans la Cadillac blanche depuis laquelle les coups de feu ont été tirés. Mais ses confidences, recueillies dans le cadre d’un accord prévoyant une immunité partielle, ne pouvaient pas être retenues contre lui. Puis l’ex-membre de gang s’est épanché dans les médias, avant de publier, en 2019, des mémoires compromettants. Il y raconte notamment qu’il se trouvait sur le siège passager, et a fait passer le pistolet aux occupants de la banquette arrière, sans révéler l’identité du tireur.

Arrêté en septembre 2023 à la suite de cette parution, Duane Davis, qui plaide non coupable, assure désormais que son livre a été romancé par son co-auteur, et qu’il se trouvait à Los Angeles, le soir du meurtre. « Pendant près de 18 ans, Duane Davis a dit à la police, à la télévision, dans des livres, et à des intervieweurs sur YouTube, à qui voulait l’entendre, qu’il était responsable du meurtre de Tupac Shakur. Dites-lui que vous l’avez entendu en le déclarant coupable », a lancé le procureur aux jurés, au cours du procès.

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Mais l’avocat de la défense, Michael Sanft, a balayé ces déclarations, comme « simplement des mots », affirmant que son client cherchait à promouvoir les ventes de ses mémoires, par pur appât du gain. « Vous lisez un livre qui [relève] de la fiction et non des faits, mais l’accusation veut vous faire croire qu’il s’agirait en quelque sorte d’aveux qu’il était là au moment des tirs », a-t-il plaidé, soulignant l’absence de preuves matérielles.

Ni la Cadillac ni l’arme du crime n’ont jamais été retrouvées. « Avec tous les instruments à la disposition de la police, ils n’ont rien dans ce dossier qui montre que cet homme était à Las Vegas, le 7 septembre 1996 », a poursuivi Michael Sanft. Cette nuit-là, des tirs provenant d’une Cadillac blanche ont blessé Tupac Shakur à Las Vegas, alors qu’il venait d’assister à un combat de boxe de Mike Tyson. Le rappeur a succombé, six jours plus tard, à l’âge de 25 ans.

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Le Monde avec AFP

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