Les plus riches et les plus puissants se mobilisent – au service de Donald Trump. A quelques semaines des élections du 3 novembre, les grands de Wall Street et de la Silicon Valley dépensent des fortunes à l’appui du camp républicain. C’est affaire de gratitude – ils remercient le président et, dans le même geste, confirment la nature économique du trumpisme : un capitalisme de connivence.
Les vannes sont grandes ouvertes. La Cour suprême a fait sauter toutes les limites au financement privé des campagnes électorales. Habituellement, démocrates et républicains en profitent à parts égales, avec, parfois, un léger avantage pour les premiers. Aujourd’hui, le Big Business vient massivement au secours des candidats trumpistes. C’est un « blitz ». Un milliard de dollars (soit environ 900 millions d’euros) de donations pour le financement de la campagne publicitaire des impétrants républicains. Sur 20 des plus grands contributeurs privés de la haute technologie et de Wall Street, 16 ont basculé côté républicain, rapportait le Financial Times le 16 septembre. Trump a la cote chez les géants de l’intelligence artificielle (IA) et chez les grands de la finance.
Le 3 novembre, les Américains renouvellent l’ensemble de la Chambre des représentants (435 élus) et un tiers des 100 sièges du Sénat. Le parti du président pourrait perdre la petite majorité dont il dispose dans ces deux enceintes.
Pourquoi cette mobilisation de la tech et de la finance au service du parti du candidat dit « populiste » ? Pourquoi l’élu des perdants de l’économie mondialisée, le pourfendeur du libre-échange, le vengeur du « peuple », le « Robin des bois de Mar-a-Lago », pourquoi cet homme-là a-t-il les faveurs des élites économiques du pays ? Pour une raison : elles s’acquittent de leur dette. Trump leur a tout donné – déréglementation environnementale ; porte ouverte aux cryptomonnaies (qui ont assuré la fortune des Trump depuis 2025) ; facilités fiscales ; accès permanent au bureau Ovale ; protection des situations de monopole ; marchés publics « préférentiels » (pour les copains et la famille) ; limitations du pouvoir syndical. Intérêts privés et publics mélangés comme jamais depuis les années dites des « barons voleurs » (de 1870 au début du XXe siècle).
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