“Les feux, la fureur et des centaines d’arrestations : la France secouée par des manifestations étudiantes”, titrait The Guardian vendredi 2 octobre, évoquant “la pire crise depuis des mois” dans l’Hexagone, que le gouvernement “peine à gérer après avoir été pris au dépourvu par des manifestations massives”.
“Les jeunes manifestants secouent la France”, abonde le New York Times, retenant pour sa part les “blocages, feux d’artifice et gaz lacrymogènes” ayant émaillé au cours de la semaine le mouvement de protestation lycéen, qui a débuté le 17 septembre.
CNN fait de son côté état de heurts, vendredi, entre la police et des lycéens “à travers la France”. “Des élèves se sont livrés à des affrontements avec la police et plusieurs établissements scolaires ont pris feu, alors que la violence s’emparait (du pays)”. Plus de 400 établissements scolaires sont restés fermés vendredi, “tandis que les autorités s’efforçaient de calmer les tensions après plusieurs jours de manifestations”. “Dans plusieurs régions du pays, les autorités avaient interdit les rassemblements aux abords des établissements fermés vendredi, mais cette mesure semble avoir eu peu d’effet”, commente la chaîne d’information en continu américaine.
La BBC relate des clashs entre “la police antiémeute et des élèves” vendredi, alors que des milliers d’élèves, qui protestaient contre les conditions de vie et d’apprentissage dans le système éducatif, ont perturbé le fonctionnement de plus “735 établissements”, soit “30 % de moins” que la veille, selon les chiffres annoncés dans la soirée par le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray. “Des incendies ont éclaté dans les rues alors que des lycéens et d’autres manifestants dénonçaient le manque d’enseignants, la surpopulation dans les salles de classe et la vétusté des bâtiments”, contextualise la chaîne britannique.
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Je m’abonneLe ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a fait état, dans la soirée sur TF1, de 1 747 interpellations vendredi et plus de 5 000 depuis lundi.
“Sujet brûlant de la campagne présidentielle”
“Les manifestations s’étendent aux universités françaises alors que des incendies font rage aux portes des lycées”, relève pour sa part El Mundo. En plus des quelque 700 lycées impactés, “les ‘blocus’ étudiants se sont étendus à au moins vingt universités, et les ‘violences urbaines’ sont devenues un sujet brûlant de la campagne présidentielle”, note le quotidien espagnol.
Politico Europe liste d’ailleurs les établissements scolaires qui ont été incendiés comme premier facteur pour expliquer la “semaine de chaos” qui a “secoué” la campagne présidentielle française, aux côtés d’autres crises comme “la figure de proue de l’extrême droite (Jordan Bardella) se battant pour sa survie politique après avoir été accusée de propos antisémites” et “les indicateurs économiques clignotant en rouge vif pour avertir d’une potentielle catastrophe liée à la dette souveraine dans le pays”. “Pour reprendre les mots d’un conseiller du gouvernement : ‘C’est la maxi merde’”, écrit le média, en français dans le texte.
“Craintes que les troubles ne se poursuivent”
Et “la fin des manifestations qui secouent le pays ne semble pas en vue”, prévient CNN. “Nous sommes passés de manifestations étudiantes à un problème d’ordre public”, a déclaré vendredi le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, “exprimant ses craintes que les troubles ne se poursuivent tout au long du week-end”, décrypte la chaîne.
Après avoir reçu les organisations lycéennes vendredi, Édouard Geffray a annoncé le lancement prochain d’un “plan d’action” pour “accélérer le remplacement” des professeurs notamment dans les classes de première et terminale et prévoit, concernant les rythmes scolaires, d’engager “un travail de fond”, tout en reconnaissant qu’il ne serait “pas en mesure de prendre une décision pour la rentrée 2027”.
Faute de “mesures concrètes” proposées par le ministre, selon elles, les organisations lycéennes ont appelé, à l’issue de cette rencontre, à la poursuite de la contestation. L’Union syndicale lycéenne (USL) a exhorté “à continuer la mobilisation […] et à rejoindre le mouvement de l’acte III mardi” 6 octobre, journée de grande manifestation nationale, selon le président de ce syndicat étudiant, Ryad Rani. Une vaste intersyndicale de l’Éducation nationale a appelé à y participer, “y compris par la grève”.
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