La rencontre risque fort de raviver des inquiétudes désormais familières, tant à Taipei qu’auprès de spécialistes de la politique chinoise à Washington. Des observateurs qui craignent que l’instinct de négociateur de Donald Trump et son désintérêt pour la stratégie ne conduisent à des concessions sur la sécurité de Taïwan, à la faveur d’un nouveau grand marchandage avec Pékin.

Et même si, en théorie, la politique américaine à l’égard de Taïwan reste inchangée, derrière ces sources d’anxiété immédiate pointe une inquiétude plus profonde. En effet, la politique d’“ambiguïté stratégique”, suivie depuis longtemps par Washington au sujet de son éventuelle intervention dans un conflit impliquant Taïwan, semble laisser place à une nouvelle position de soutien plus faible.

Cette rencontre de septembre devrait être différente du dernier sommet entre les deux dirigeants, en mai dernier. À l’époque, l’essentiel de l’ordre du jour avait été consacré à la conclusion d’un premier accord commercial. Cela étant réglé, le sommet à venir va donc pouvoir porter sur la gestion de la relation de “stabilité stratégique constructive” – pour reprendre l’expression employée par les deux parties. Ces dernières se sont entendues sur ses grandes lignes, du moins en apparence.

Même si la question de Taïwan