Le week-end du 10 octobre, New Delhi a été le théâtre de manifestations de grande ampleur menées par une sorte de “saison 2” de la mobilisation étudiante. “Au milieu de ces manifestations, une personne a attiré l’attention de tous”, raconte le site d’information indien Firstpost.

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“On l’a vue courir et esquiver les forces de l’ordre, marcher aux côtés d’autres manifestants, avant d’être rattrapée et poussée dans un fourgon de police.” Cette personne n’est autre que Neha Bora. L’activiste, qui emploie le pronom they (“iel”) pour se désigner, a reçu des médias locaux le surnom de “Sherni” – “la Lionne”, en hindi –, en raison de son franc-parler et de sa capacité à esquiver les forces de l’ordre lors des manifestations.

Du doctorat aux manifestations

À 29 ans, Neha Bora poursuit un doctorat sur les pratiques théâtrales populaires de l’Uttarakhand à la prestigieuse université Jawaharlal-Nehru, à New Delhi, et dirige l’All India Students’ Association (Aisa), une organisation étudiante de gauche très active sur les campus. Mais son militantisme déplairait à son entourage, et notamment à son père, qui “refuserait de lui parler depuis des années”, révèle le quotidien singapourien The Straits Times.

Pour autant, Neha Bora poursuit son engagement militant. En juillet, iel avait entamé une grève de la faim, pour soutenir le mouvement de protestation des “cafards”, créé en ligne pour fédérer les colères de la génération Z, puis largement réprimé par le gouvernement. À l’origine de la mobilisation, des soupçons de corruption dans le cadre des concours d’entrée à l’université. Les étudiants réclamaient le départ du ministre de l’Éducation, Dharmendra Pradhan. Selon The Straits Times, la grève de Neha Bora et de deux autres militants a finalement contribué à la démission du ministre, “une première pour un membre du gouvernement”.

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Depuis, Neha Bora est une “figure de proue de la génération Z”, souligne le site de la BBC, et se fait courtiser par les partis d’opposition indiens. En septembre 2026, iel participe aux appels à la mobilisation pour réclamer la démission du président de la Commission électorale indienne. Ce dernier est notamment accusé d’avoir manipulé les listes électorales en faveur du parti du Premier ministre, Narendra Modi.

Mais le militantisme de Neha Bora finit par agacer le gouvernement. Pour The Straits Times, iel est “la manifestante de la génération Z la plus recherchée par la police indienne”. En septembre, le parti au pouvoir a déposé trois plaintes contre Neha Bora pour des “propos répréhensibles” envers le Premier ministre de l’État de l’Uttar Pradesh. Ces plaintes, note néanmoins la BBC, sont intervenues seulement quarante-huit heures après celle de l’activiste, qui affirme avoir reçu des menaces de mort.