Le gouvernement de l’Etat du Niger, situé dans le centre du Nigeria, a annoncé que 37 personnes soupçonnées d’être des mineurs illégaux étaient mortes, tôt dans la matinée du jeudi 17 septembre, alors qu’elles étaient détenues par la défense civile de cet Etat, à Minna. Le gouverneur de l’Etat, Mohammed Umaru Bago, a annoncé la mise en place d’une commission d’enquête sur ces décès qui, selon un rapport de renseignement consulté par l’Agence France-Presse, seraient dus « à la surpopulation et à une ventilation insuffisante au sein d’un centre de détention ».
Le gouverneur a décrété trois jours de deuil et reporté le début de la campagne électorale en vue des élections – présidentielle, législatives et sénatoriales – prévues en janvier.
La défense civile avait déclaré avoir appréhendé « des dizaines de mineurs présumés illégaux », mardi et mercredi. « Dans la nuit du 17 septembre, des dizaines de suspects détenus ont été retrouvés morts, à la suite d’une suspicion de flambée de maladie », avait-elle ajouté.
Manifestations et voitures saccagées
Une vidéo de 40 secondes mise en ligne montre les corps de dizaines de jeunes hommes gisant au sol en extérieur, semblant pour la plupart être des adolescents. Des volontaires dotés de gants les examinent et des femmes cherchent parmi eux des proches, alors que peuvent être entendues des voix lançant des accusations contre les responsables.
Ces morts ont déclenché des manifestations de « groupes de mineurs et de sympathisants » dans la capitale régionale, Minna, où des voitures ont notamment été saccagées, selon la même source.
L’Etat du Niger, grand comme plus de deux fois la Belgique, est riche en ressources minérales et attire des milliers de mineurs artisanaux qui extraient majoritairement de l’or. La lutte pour les bénéfices de cette extraction illégale alimente aussi la violence de gangs criminels, selon des responsables locaux et des experts.