[Cet article a été publié pour la première fois sur notre site le 2 mars 2024, et republié le 25 septembre 2026]

L’autre jour, une collègue est venue à mon bureau et a commencé à parler du temps. Dehors, le ciel était gris et menaçant. Le bulletin météo annonçait un “coup de vent”, me dit-elle avec des yeux ronds d’étonnement. Ce qualificatif nous a tous les deux intrigués (qu’est-ce qu’un “coup de vent”, précisément ?). Nous discutions ainsi – plaisamment, me semblait-il – après une longue journée de travail, jusqu’à ce qu’elle ruine tout d’une simple remarque. “Désolée, fit-elle. Je sais qu’il n’y a rien de plus ennuyeux que de parler du temps qu’il fait.”

Combien d’âmes innocentes se méprennent-elles ainsi dans le monde ? On ne cesse de nous répéter que la météo est le domaine des esprits creux à la conversation pauvre, la meilleure manière de se signaler comme quelqu’un d’inintéressant. Cette stigmatisation repose sur une simple erreur d’analyse. Prenons l’exemple typique de deux individus dans un ascenseur ou à l’arrêt de bus. Aucun ne sait de quoi parler, pourtant les deux ressentent le besoin de dire quelque chose. Le premier déclare alors : “Il est censé pleuvoir ce soir.”

Est-ce là un scénario ennuyeux ? Peut-être. Toutefois, pour ma part, je serais absolument ravi de s