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L’article de la semaine
Pourquoi cet article
Nous proposons cette semaine aux élèves de HGGSP cet essai publié par l’historienne canadienne Margaret MacMillan dans The New York Times le 1er septembre dernier. Sans se rattacher à un thème en particulier du programme, cette réflexion pourra être utile aux élèves pour tenter d’appréhender les changements rapides qui bouleversent nos sociétés et la géopolitique mondiale depuis quelques années.
Cette spécialiste de la Première Guerre mondiale et des traités de 1919 développe l’idée que nous sommes à l’aube d’une “nouvelle ère de désordre” et que nous n’en avons pas forcément conscience. Pour elle, il est nécessaire de repenser la coopération pour faire face aux multiples défis en cours : ceux du climat, des conflits ou de l’IA.
S’il ne fallait retenir qu’une citation
“L’ordre mondial qui est resté en place pendant l’essentiel de nos vies s’est érodé à partir du moment où ceux qui y vivaient se sont montrés trop complaisants, dans leur confort, quand ils ont trop accepté – et même approuvé – les mauvais comportements.”
Margaret MacMillan ouvre son essai sur une métaphore : avant l’orage, les signes sont visibles mais souvent mal interprétés. Les sociétés stables tendent à l’optimisme alors qu’elles devraient peut-être méditer sur La Peste de Camus, ouvrage dans lequel les habitants d’Oran ignorent les rats morts jusqu’à ce qu’il soit trop tard.
Or, écrit-elle, aujourd’hui “il y a des rats morts partout” : records de chaleur, sécheresses et incendies, endettement historique des économies développées, recul des aides humanitaires, essor non régulé de l’intelligence artificielle, montée des populismes et diplomatie internationale rendue impuissante.
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Elle rappelle ainsi qu’en 2025 on a recensé 65 conflits impliquant des États, un record depuis 1946. Les grandes puissances s’enlisent dans des guerres asymétriques face à des adversaires qui s’appuient sur des nouvelles technologies : la guerre russe en Ukraine, censée durer quelques jours, entre dans sa cinquième année. De même, l’Iran, avec des drones bon marché produits en série, use les stocks de missiles américains et a pris le contrôle d’un verrou stratégique vital du commerce mondial, le détroit d’Ormuz.
Dans le même temps, les “puissances révisionnistes”, ainsi qu’elle les nomme, n’hésitent plus à fouler aux pieds les règles et les normes internationales en toute impunité. On peut définir une puissance révisionniste comme un État insatisfait de l’ordre établi, qui cherche à en modifier les règles ou la hiérarchie. On pense bien évidemment à la Russie, mais aussi à la Chine.
Depuis la fin de la guerre froide, les États-Unis paraissaient prêts à garantir un nouvel ordre international, c’est ce que Francis Fukuyama nommait “la fin de l’Histoire”. Or, sous Donald Trump, ce n’est plus le cas. Selon l’autrice, nous sommes désormais entrés dans une longue période de désordre, où l’Otan est sans cesse mise à l’épreuve, où la guerre hybride russe s’étend en Europe et où la question de Taïwan pourrait rapidement opposer Pékin et Washington.
Cependant, la fin d’un système n’est pas forcément la fin de la coopération : institutions techniques, traités, droit international et opinion publique mondiale subsistent. Le Premier ministre du Canada, Mark Carney, a ainsi qualifié à Davos la “pax americana”, ce nouvel ordre mondial post-guerre froide, de “fiction agréable”, tout en appelant les puissances moyennes (Canada, Australie, Japon) à former d’autres coalitions.
Pour aller plus loin
Pour aller plus loin, nous vous proposons trois contenus qui interrogent les recompositions géopolitiques du monde.
Ce premier article du Financial Times, qui analyse la mise en place de sphères d’influence entre les États-Unis, la Chine et la Russie.
Cet autre article du Financial Times, qui montre que c’est souvent la volonté de s’approprier les ressources naturelles qui mène à la mise en place de ces sphères d’influence.
Cette revue de presse, qui montre que les États-Unis ont quitté de nombreuses organisations internationales et mènent désormais une politique unilatérale.
Et ce qu’il ne fallait pas rater non plus cette semaine
Aux élèves qui travaillent sur le thème des conflits, nous proposons de consulter ce Tout s’explique qui revient sur le conflit en cours au Tigré, une région située dans le nord de l’Éthiopie, déchirée par une guerre civile depuis 2020.
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