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Géopolitique

« Oui à l’excision » : la poussée réactionnaire qui secoue l’Afrique de l’Ouest

Portée par des campagnes virales et des relais d’opinion, la défense de l’excision gagne du terrain en Afrique de l’Ouest. Une résurgence des discours conservateurs qui fragilise des décennies de lutte contre les mutilations génitales féminines.

« Oui à l’excision » : la poussée réactionnaire qui secoue l’Afrique de l’Ouest
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Au Mali, la polémique a pris une tournure inédite au milieu du mois d’août. Une série d’affiches générées par l’intelligence artificielle s’est diffusée à grande vitesse sur les réseaux sociaux, flanquée d’un slogan sans équivoque : « Oui à l’excision, protégeons nos filles. » Très vite relayée par des comptes masculins, cette campagne virale visait à légitimer une pratique toujours pas interdite par la loi malienne.

L’affaire a pris une ampleur médiatique supplémentaire avec la prise de parole d’Abdoul Niang, un influenceur malien se présentant comme journaliste et expert en terrorisme. Dans une intervention remarquée, ce dernier s’en est pris aux thèses qualifiant l’excision de « néfaste » ou d’« abominable », revendiquant un discours de rupture : « C’est une pratique millénaire que je respecte », a-t-il affirmé.

Cette offensive proexcision dépasse largement les frontières du Mali et s’inscrit dans un mouvement plus vaste en Afrique de l’Ouest. En Gambie voisine, la pratique est formellement interdite depuis 2016. Cependant, de puissants groupes de pression conservateurs mènent une bataille intense pour obtenir sa réautorisation. L’affaire est désormais entre les mains de la Cour suprême gambienne, qui doit rendre une décision courant octobre.

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En Guinée, l’excision est criminalisée depuis 2000, mais les lois peinent à enrayer la tradition. Le pays demeure le deuxième le plus touché au monde après la Somalie : 95 % des Guinéennes de plus de 15 ans ont subi cette mutilation génitale féminine.

Si les campagnes de sensibilisation montrent de légers signes d’efficacité chez les moins de 15 ans, la résistance sociétale reste vive. Cet été, l’activiste féministe guinéenne Tabara Touré a ainsi décompté près de 500 cas d’excision survenus entre le 31 juillet et le 26 août.

Sur des réseaux sociaux comme TikTok, de nombreuses vidéos documentent les cérémonies qui suivent l’acte. On y voit de très jeunes filles regroupées, habillées à l’identique, célébrées par leurs aînées durant des heures. A travers des chants et des rituels codifiés, ces célébrations visent à faire intégrer le geste à la fillette et à valoriser son statut social par rapport aux femmes non excisées.

Le Monde

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